Présentation de la promotion Lt-Colonel DRIANT

DRIANT, un officier au service de la France

Il est de tradition que les promotions de Saint-Cyr adoptent pour nom de baptême celui d'un événement particulier ou d'un militaire pouvant être offert en modèle à de jeunes officiers se consacrant au service des armes et de leur pays.

L'année de notre baptême, en 1966, notre promotion put concilier les deux, car nous célébrions le 50ème anniversaire de la bataille de VERDUN et nous choisîmes l'un de ses plus beaux héros : DRIANT.

Nous avions alors vingt ans et notre enfance avait été marquée par la Seconde Guerre Mondiale, la guerre d'Indochine, puis celle d'Algérie. Nos pères, nos frères parfois, y avaient participé et certains y avaient donné leur vie pour la France.
Les héros de notre enfance, les modèles de notre adolescence étaient leurs compagnons d'armes, vétérans d'Italie ou d'Alsace, baroudeurs des rizières indochinoises, parachutistes ou tirailleurs des djebels algériens. Mais l'époque portait aussi en elle les blessures de ces combats et de ces événements et il était alors difficilement envisageable de choisir un parrain de promotion parmi les glorieux Anciens de cette génération.

C'est pourquoi, dans sa grande sagesse, le commandement nous incita, en cette année du cinquantenaire de Verdun, à élire un héros de cette bataille entrée dans la légende et dont de nombreux survivants, alertes Poilus septuagénaires, s'apprêtaient alors à rappeler la mémoire à l'occasion de cérémonies grandioses.

Pour nous, alors jeunes élèves-officiers, le lieutenant-colonel DRIANT fut, tout d'abord, le héros du Bois des Caures : le chef tombé l'arme à la main, à la tête des 56ème et 59ème Bataillons de Chasseurs, dans un combat désespéré pour remplir la mission : ils ne passeront pas !

En dehors de ce fait d'armes, propre à enflammer nos jeunes imaginations, rares étaient ceux qui connaissaient la riche personnalité et le parcours atypique de celui que nous prenions comme modèle.
Nous ignorions alors combien notre vie d'officier allait être marquée par ce choix, tant le parcours de Driant et le nôtre semblent offrir de similitudes, à un siècle d'écart.

Car, comme Driant après la guerre de 1870, nous allions connaître, après la longue période de campagnes que venaient de vivre nos Anciens, un long épisode de paix, où l'essentiel de la mission consistait à monter une garde ingrate face à l'Est, ou à intervenir, dans des conditions souvent difficiles, en Afrique. C'est d'ailleurs là, au Tchad, en 1972, que notre camarade Frédéric LAVAL-GILLY allait mourir pour la France, à bord d'une " machine volante " telle que celles imaginées par DANRIT dans ses livres d'anticipation.

Comme Driant, nous dûmes trouver les motivations nécessaires pour faire notre métier, dans des conditions parfois précaires. Comme lui, nous dûmes avoir une foi suffisamment forte pour convaincre nos soldats, dans une société peu tournée vers l'esprit de défense et plus sensible aux douceurs de la vie qu'aux contraintes du service du pays. Souvent, nous nous surprîmes à trouver, dans ses ouvrages, bien des comportements identiques à ceux que nous devions affronter.

Enfin, au moment où la totalité d'entre nous a atteint, quarante ans après le baptême de la promotion, l'âge de la retraite, comment ne pas évoquer le souvenir de sa mort héroïque, au même âge que nous aujourd'hui, après plusieurs mois de guerre et d'une rude vie en campagne ? Comment ne pas mesurer l'ardeur de ses convictions et sa vocation de servir, en évoquant son engagement politique de député, puis, en août 1914, à soixante ans, son engagement de soldat, dont la mort au combat allait le conduire à l'immortalité, à laquelle il aurait également pu prétendre par la plume.

Nul doute que l'exemple de Driant soit encore source de réflexion pour beaucoup d'entre nous, parvenus à l'âge où il a accompli sa vocation dans un ultime sacrifice.

C'est pourquoi les officiers de la Promotion " Lieutenant-colonel DRIANT " se sont réjouis de voir publier aujourd'hui  l'ouvrage que Daniel DAVID lui a consacré, fruit de longues études et d'un patient et difficile travail de recherche dans la très riche documentation qui est parvenue jusqu'à nous, grâce au goût de Driant pour l'écriture et la photographie et au souci que ses descendants ont eu de conserver ce patrimoine.

Quatre-vingt dix-ans après sa mort au Bois des Caures, Emile DRIANT revit ainsi, grâce à Daniel DAVID, et peut à nouveau être proposé en modèle de patriote et de serviteur de son pays à tous les jeunes Français qui cherchent aujourd'hui comment servir la France, parce qu'il avait choisi, comme le rappelait le président de la Chambre des députés dans son éloge funèbre, de vivre et de mourir " pour la Patrie, l'honneur et la justice. "


Texte de la préface rédigée pour le livre de Daniel DAVID (voir rubrique "Librairie") par le Général Henry-Jean FOURNIER, président de la Promotion "Lt-Colonel DRIANT"

Le choix du nom de promotion

// ' );popup.document.close();">Cliquez pour agrandir l'imageIncorporée à l'Ecole Spéciale Militaire le 13 septembre 1965, la 152ème promotion de Saint-Cyr fut baptisée le 24 juillet 1966 du nom du Lieutenant-colonel DRIANT, qui trouva la mort le 22 février 1916, en résistant durant deux jours au Bois des Caures, durant l'offensive de VERDUN.

Le choix de ce nom de promotion par les saints-cyriens reposait sur la volonté d'honorer, à l'occasion du cinquantenaire de la bataille de Verdun, la mémoire de tous les combattants français tombés sur ce haut-lieu de la Grande Guerre.

Le souvenir du Lt-Colonel DRIANT était encore, cinquante ans après sa mort, extrêmement vivace, non seulement parmi les anciens survivants de ses bataillons, au sein de la fédération nationale des anciens chasseurs, mais également dans le souvenir populaire, ainsi qu'en témoignent les nombreuses rues, avenues, places ou installations militaires qui portent son nom en France.

L'insigne de Promotion

    
L'insigne de promotion

L'insigne de la promotion, volontairement sobre, comporte, d'une part, les deux symboles majeurs de la vie du Lt-Colonel Driant :
               
  • le lion des Flandres, qui figure sur l'insigne du 56ème bataillon de chasseurs qu'il commandait,               
  • la croix de guerre, dont il proposa en 1915 la création à la Chambre des Députés.

et d'autre part, les deux symboles de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr:
  • le casoar blanc et rouge
  • l'épée, symbole de l'état d'officier

Héraldiquement, il se décrit ainsi:
"D'azur bordé d'or, chargé à senestre d'une épée haute d'argent brochant un casoar naturel.
En abîme, lion de sable.
En chef, croix de guerre d'or.
Inscriptions en lettres d'or:
en flanc senestre du chef disposées en pal: "Lt COLONEL"
en pointe : "DRIANT"
en flanc dextre de la pointe disposées en fasce : "1916-1966", ces deux dates correspondant:
  • 1916: la date de la mort du Lt-Colonel Driant
  • 1966 : la date du baptême de la promotion (à l'occasion du cinquantenaire de la mort de son parrain)



La promotion en 1966

Le 11 novembre 1966, la promotion, commandée par le lt-colonel Jacques SERVRANCKX, défile à Paris, à l'occasion des cérémonies commémoratives de l'Armistice de 1914-1918

La vie de la promotion

La promotion, qui comportait à sa sortie de Saint-Cyr 219 officiers français et 34 officiers étrangers, avec lesquels elle conserve de nombreux contacts, fût la première à effectuer la totalité de sa scolarité dans les locaux de la Nouvelle Ecole, construite en 1964 au camp de Coëtquidan (Morbihan), où l'Ecole de Saint-Cyr a été recréée en 1945.

La Promotion participa, en première année, aux importantes manifestations organisées à Verdun pour le cinquantième anniversaire de la bataille.

Vingtième anniversaire à Verdun

En 1986, la Promotion marqua le 20ème anniversaire de son baptême par un pélerinage au Bois des Caures qui rassembla plus d'une centaine de participants. La réunion fut notamment marquée par le baptême d'une rue du village de Vacherauville du nom de Driant, qui vécut avec ses bataillons dans ce village et y fit élever un monument à la mémoire de ses chasseurs tombés au combat.

La Promotion aujourd'hui

Publiant chaque année un bulletin permettant d'échanger des nouvelles entre ses membres, la promotion Lt-Colonel Driant a toujours été animée d'une vie active, se traduisant pas de nombreuses réunions au cours desquelles les officiers de la Promotion se recueillent dans le souvenir de leurs trente-six camarades décédés depuis leur Triomphe de sortie de Saint-Cyr.

La promotion " Lt-Colonel Driant ", qui est aujourd'hui totalement à la retraite (pour ce qui concerne les carrières militaires)  s'honore de compter dans ses rangs :

               
  • le Lieutenant Frédéric LAVAL-GILLY, mort pour la France au Tchad en 1972,               
  • 70 officiers généraux (dont cinq généraux d'armée ayant occupé les plus hautes fonctions: CEMA - CEMAT - IGAT - Gouverneur de Paris) et onze généraux de corps d'armée ayant exercé de très hautes responsabilités (DPMAT - DRM - Inspecteur de l'Armée de Terre - Inspecteur de la Fonction Personnel -Inspecteur de la DOT-  Commandant de la Logistique de l'Armée de Terre - Commandant de l'ALAT  - Major général de la Gendarmerie - Inspecteur général de la gendarmerie - Commandant de la région de Gendarmerie Ile de France Commandant du Collège de l'OTAN à Rome - Contrôleurs généraux des Armées)

  • un certain nombre d'officiers ayant, après une première partie de carrière militaire, poursuivi leur activité dans le monde civil, où ils occupent les postes les plus divers, allant d'un Préfet, Inspecteur général de l'Administration à un artisan ébéniste, qui démontrent la gamme des fonctions exercées, avec le talent que l'on s'accorde généralement à reconnaître aux Saint-Cyriens engagés dans une voie professionnelle civile.





BUSTE DE DRIANT

A l'occasion du 90ème anniversaire de la mort du Lt-Colonel DRIANT, la Promotion a fait réaliser un buste en marbre de celui-ci, qui a été déposé au Musée du Souvenir de l'Ecole Spéciale militaire de Saint-Cyr, le 20 octobre 2006, en présence d'une délégation de la promotion, de descendants du Lt-Colonel DRIANT et du président de la Fédération Nationale des Anciens Chasseurs

La Forêt des Ecrivains Combattants

Article paru dans "La Cohorte", revue de la Société d'Entraide des Membres de la Légion d'Honneur (n° 186 - Novembre 2006)

Le parrain de promotion


Le Lieutenant-Colonel DRIANT

Fils de magistrat, né le 11 septembre 1855 à Neufchâtel-sur-Aisne, Emile DRIANT entre à l'E.S.M. de Saint-Cyr en 1875 (Promotion " La dernière de Wagram ") et sert notamment au 4ème Régiment de Zouaves à Tunis.
Son destin sera marqué par sa désignation comme officier d'ordonnance du Général BOULANGER, commandant la division de Tunisie, qui le conserve auprès de lui lorsqu'il devient ministre de la Guerre en 1886 et dont il épousera la fille cadette en 1888.

A l'issue d'une carrière militaire brillante qui le conduisit à la tête du 1er Bataillon de chasseurs à pied à Troyes de 1899 à 1905, Driant est conduit à démissionner en raison de l'obstruction dont son avancement fait l'objet en raison de ses liens familiaux avec le général Boulanger.

Il commence alors une carrière politique qui se concrétise par son élection au siège de député de Nancy en 1910 et en fait un des porte-paroles de l'armée, cherchant toutes les occasions de promouvoir la défense du pays face à l'Allemagne, dont il pressent les aspirations hégémoniques.

Car Driant est aussi un visionnaire, qui exprime ses convictions dans plus de trente ouvrages d'aventures ou d'anticipations prophétiques, sous le nom de " Capitaine DANRIT ". Candidat à l'Académie française, il ne pourra y être élu du fait de la guerre.

En août 1914, DRIANT, bien qu'âgé de cinquante-neuf ans, exige en effet d'être réintégré dans l'armée, où il obtient le commandement des 56ème et 59ème Bataillon de chasseurs à pied, qui deviendront " les Chasseurs de Driant ", à la tête desquels il tombera au Bois des Caures le 22 février 1916, après une résistance acharnée qui permit à la défense de s'organiser autour de Verdun, empêchant ainsi les troupes allemandes d'atteindre leur objectif. Le Lt-Colonel Driant repose au milieu de ses chasseurs, au Bois des Caures, où s'élève le monument des Chasseurs, édifié grâce à une souscription nationale.

Au delà de sa mort glorieuse au combat, l'ensemble de la vie de Driant constitue un modèle qui a inspiré les officiers de la promotion qui porte son nom tout au long de leur carrière militaire, tant la personnalité de leur parrain et les nombreuses facettes de ses activités sont riches en exemples à suivre.

LE LIVRE SUR DRIANT

qui a paru aux Editions Gérard KLOPP est une bonne idée de cadeau à se faire offrir...
Rédigé par un vieil ami de la Promo, le Lt-colonel (OR) Daniel DAVID, c'est un splendide ouvrage de 256 pages, de grand format (24,5 x 34 cm), relié pleine toile, magnifiquement illustré (une centaine d'illustrations) et constituant une véritable somme sur la personnalité de notre parrain, dont la vie et l'oeuvre militaire, politique et littéraire sont particulièrement bien replacées dans le contexte de son époque.
Un livre à détenir absolument par tout membre de la Promotion....d'autant plus que la préface en a été rédigé par le Secrétaire....!

Les commandes sont à adresser à:
**Editions KLOPP
79 rue de Longwy 57100 THIONVILLE
accompagné d'un chèque de 69 euros (port et emballage compris)
On peut aussi consulter le site de l'auteur:
www.hamilcar-barca.com où l'on trouvera de nombreuses informations relatives à ses travaux et notamment à ceux qui concernent notre parrain.

HOMMAGE DE LA VILLE DE NANCY AU Lt-COLONEL DRIANT

Monument à l'emplacement de la maison natale de Driant à Neufchâtel sur Aisne

Plaque à Neufchâtel sur Aisne

Le monument aux morts de Neufchâtel sur Aisne

La plaque de la ville de Nancy

La stèle marquant l'emplacement où Driant est tombé, au Bois des Caures

Vitrail de l'église de Vacherauville

Le Monument des Chasseurs au Bois des Caures

La Forêt de Lamalou-les Bains

Stèle du Lt-colonel Driant
dans la Forêt des Ecrivains Combattants