Cette rubrique est destinée à présenter:
- les livres ayant pour auteur un membre de la Promotion (ou un descendant)
- les livres parlant d'un membre de la Promotion
- les livres traitant de Driant (et de ses Chasseurs)
  Titre de paragrapheLa Promo n'a pas fini de faire parler d'elle....grâce à ses descendants. On avait déjà mentionné le talent de Bertrand de MIOLLIS (fils d'Arnauld) comme illustrateur. Voici qu'il vient de récidiver, avec un très bel ouvrage sur les combats d'Afghanistan. HAUTE TENSION, des Chasseurs alpins en Afghanistan, qu'il a illustré de ses aquarelles. Avec deux autres camarades, Sylvain Tesson et Thomas Goisque, il a suivi en opération les chasseurs alpins du 27e BCA dans les montagnes de Kapisa, " royaume de l'insolence ". Le livre vient de paraître chez Gallimard (160 pages). C'est un témoignage à trois regards sur un conflit asymétrique dont dépend pour beaucoup l'équilibre du monde, six mois de haute tension dans la splendeur de l'indomptable pays afghan. L'ouvrage a été présenté le 23 septembre 2009 à l'Hôtel National des Invalides, au général d'armée Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées. Devant une assemblée de journalistes, de militaires et d'éditeurs, les auteurs ont qualifié leur travail comme étant "l'histoire de 750 soldats venus en terre afghane aider un peuple à reconquérir un goût qu'il avait oublié: celui de la paix". Le chef d'état-major des armées a retenu de l'ouvrage qu'il restitue avec justesse et simplicité l'expérience vécue par les trois auteurs auprès du GTIA Kapisa, pendant plusieurs semaines, suivant pas à pas la vie des militaires. Sylvain Tesson, Thomas Goisque et Bertrand de Miollis ont été les témoins du courage et du don de soi qu'impose le métier des armes. Ils décrivent l'engagement des soldats français auprès des forces de sécurité afghanes, au profit de la population afghane. Au fil des pages, l'ouvrage fait comprendre que cet engagement ne tend que vers un seul but: assurer aux populations afghanes le niveau de sécurité indispensable à leur développement. " Nous sommes en Afghanistan à la demande des Afghans. Nous sommes leurs hôtes", constatait le général Georgelin lors de son allocution. La qualité du texte de Syvain Tesson, des photos de Thomas Goisque et des aquarelles de Bertrand de Miollis rendent hommage à l'ensemble des militaires français qui ont servi et servent encore en Afghanistan.
On peut également retrouver toutes les photographies de ce reportage exceptionnel sur le site internet www.thomasgoisque-photo.com
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|  Un jeune et talentueux illustrateur: Bertrand de MIOLLIS |  | | Bertrand de MIOLLIS, fils de notre camarade, est un jeune illustrateur de talent, qui, après avoir illustré le carnet de bord de Maud Fontenoy "150 jours à contre-courant", vient d'illustrer, dans le magazine Famille Chrétienne,le journal de marche d'Alexis de Guillebon, qui relate la méharée accomplie dans l'Adrar, en Mauritanie, en guise de carême, sur les pas d'Ernest Psichari. |
| Le titre du livre est : Quarante jours au désert - Carnet de route d'un pauvre pélerin du sable et des étoiles par Alexis de GUILLEBON Editions Saint-Lubin, 128 pages, 20 euros. |
|  Un auteur pédagogique : Laure DUMONT | Avis à tous les grands-parents qui surveillent les devoirs de leurs petites têtes blondes: Laure DUMONT-CRESPON, fille de notre camarade Henry DUMONT est journaliste et écrit des livres sur l'éducation des enfants. Elle a ainsi publié:
- L'école primaire expliquée aux parents en 80 questions, édité en 2006 chez Retz.
- Globale ou b-a-ba, que cache la guerre des méthodes d'apprentissage de la lecture?, paru chez Robert Laffont.
- "Comment faire pour apprendre à lire?", édité par les éditions Bayard, en septembre 2007.
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|  FUSILLES POUR L'EXEMPLE (1914-1915) par le Général André BACH | "C'est à partir de ces mois-là qu'on a commencé à fusiller des troupiers pour leur remonter le moral, par escouades, et que le gendarme s'est mis à être cité à l'ordre du jour pour la manière dont il faisait sa petite guerre à lui, la profonde, la vraie de vraie."
La scène se passe quatre semaines après le début de la guerre et c'est Louis-Ferdinand Céline qui la raconte (Voyage au bout de la nuit, 1932). A l'époque, personne n'ignore la vérité. Mais, depuis Bardamu, on a récrit l'histoire. Et s'il est aujourd'hui question de mutineries, d'exécutions massives et de fusillés pour l'exemple, l'action se passe toujours en 1917 sur fond de guerre lasse et de contamination révolutionnaire. Ce livre revient sur la chronologie singulièrement distordue de ces sentiers de la gloire. A partir de sources neuves, il démontre comment une justice d'exception s'est enclenchée dès avant la Marne, dans les tout premiers mois de la guerre. Encouragé par l'exécutif, soutenu par le politique, ce blanc-seing donné à l'armée allait pulvériser le droit au nom d'une sanglante justice de l'honneur.
Couronnement d'une vie consacrée à la chose militaire, l'ouvrage du général André BACH va durablement marquer l'historiographie de la Grande Guerre. En détaillant un à un les dossiers de ces Poilus de la honte, en recoupant sources et données, l'ancien chef du Service historique de l'armée de terre décrit la guerre à l'état brut, dans sa violence nue. Un livre gênant mais nécessaire.
Editions TALLANDIER - Paris - 2003 (617 pages)
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|  L'ARMEE DE DREYFUS par le Général André BACH | "Une histoire politique de l'armée française de Charles X à "l'Affaire"
L'Histoire a surtout retenu un sabre brisé, un exil sur les terres du diable, un écrivain épris de justice qui fit couler l'encre à l'époque où beaucoup auraient préféré le sang. L'affaire Dreyfus, un imbroglio militaro-judiciaire qui a déchaîné les passions et provoqué une profonde scission dans la société française. Dreyfus coupable, Dreyfus innocent, tout a été dit et son contraire, analysé, discuté, décortiqué. Une piste, pourtant, n'avait pas encore été véritablement explorée dans ce dossier: l'armée. Cette armée de la République qui a accueilli Dreyfus, qui l'a formé, qui l'a accusé, qui l'a condamné, qui l'a enfin réhabilité. Une histoire politique de l'armée française pour expliquer l'Affaire, voilà le caractère novateur de cet ouvrage qui opère un véritable renversement de perspective par rapport à ce drame national.
Le Général André BACH s'emploie à rechercher dans l'évolution socioculturelle de l'armée française, durant la seconde moitié du XIXème siècle, les éléments qui ont favorisé la réticence de ses membres à admettre l'innocence de Dreyfus en son temps, et peut-être encore pour certains d'entre eux, aujourd'hui. Il dresse un vaste bilan des pratiques et structures de l'armée française, brosse le portrait des officiers généraux qui ont fait le choix de sacrifier le capitaine Dreyfus. Il se penche également sur les conflits politiques et idéologiques qui ébranlaient alors la société, le profond traumatisme de la défaite de 1870, les luttes de pouvoir aux plus hauts niveaux de l'état-major, les liens trop étroits entre politiques et militaires et brosse ainsi une histoire de la IIIème République, assez différente de celle communément présentée jusqu'à aujourd'hui.
Ouvrage appelé à marquer l'historiographie de cette époque, L'Armée de Dreyfus s'appuie sur une multitude de sources -circulaires, Mémoires, correspondances, documents privés-, et sur le fameux "dossier secret" dont bon nombre de pièces n'avaient jusqu'ici jamais été portées à la connaissance du public.
Editions TALLANDIER - Paris - 2004 (622 pages) |
|  André BACH explique pourquoi il a écrit son livre sur les fusillés de la Grande Guerre | Quel a pu être le mobile d'un officier général, arrivé au terme de sa vie professionnelle qui a pu le faire s'intéresser à un des aspects les plus controversés des sanglants épisodes qui ont marqué la grande guerre civile des peuples de la vieille Europe il y a près de cent ans : la condamnation et l'exécution sur ordre de la hiérarchie militaire de soldats au nom du maintien de la discipline. N'y a-t-il pas quelques incongruités à prétendre vouloir faire preuve d'objectivité alors que pour une partie de la population ce sinistre épisode est perçu comme le résultat de l'action de la haute hiérarchie militaire, action dont l'horreur permet de vouer aux gémonies un corps de l'Etat capable d'une telle férocité.
Que penser d'une autre manière d'un général en deuxième section qui s'intéresse à cette infime partie des combattants de 1914-1918 qui selon les termes des jugements qui les ont condamnés, ont manqué à leur devoir ou " fait preuve de lâcheté " ?
Pourquoi étudier ce petit groupe de plus de 2400 condamnés à mort dont 600 d'entre eux ont été fusillés alors que la France a appelé sous les drapeaux de 1914 à 1918 huit millions de ses citoyens.
N'est-il pas indécent de rappeler la mémoire de ceux que la Justice Militaire a stigmatisé pour avoir failli alors qu'il paraîtrait plus important de se pencher sur le sort des 1.300.000 qui sont tombés en résistant à l'agression allemande sans compter les 3 millions qui ont en sont revenus affreusement affectés dans leur chair ?
Ces questions sont légitimes en introduction de cet ouvrage et méritent réponse
Il est tout d'abord un fait incontournable qui me concerne personnellement : J'ai été toujours passionné par l'histoire. J'avoue , à cette occasion, ma reconnaissance pour les divers professeurs d'histoire-géographie qui ont accompagné ma scolarité et m'ont fait vibrer aux grands moments de notre histoire nationale puis au fil du temps internationale. Je n'ai pas souvenir d'un seul professeur médiocre en cette matière, l'adjectif qui me vient à l'évocation de la plupart d'entre eux étant celui de " brillant ". J'ai donc été nourri de la prose de Malet et Isaac et en ai ressenti de l'enthousiasme ou de la compassion selon les périodes de l'histoire de France évoquée. Comme Marc Bloch, bien plus modestement , j'ai réagi à la grandeur des cérémonies du sacre royal à Reims et à l'extraordinaire aventure débutée en 1789. J'ai perçu très tôt aussi que l'étude de l'histoire était dérangeante et qu'il fallait prendre garde de ne pas se faire manipuler . Elève au lycée Jean Moulin de Béziers, j'avais appris très tôt la saga de celui dont le nom ornait le fronton de notre établissement. Dans une ville alors encore dotée d'un fort électorat communiste, le " parti des 75 000 fusillés " comme il se dénommait, donnait, après guerre, le ton sur ce qu'il fallait dire et penser de la période 1939-1945. L'écoute des récits de parents ou autres sur la réalité de ce qu'ils avaient vécu tout au long de ces mortelles années m'apprenait alors très tôt à prendre de la distance par rapport aux épithètes dont on affublait selon son camp les uns ou les autres et à ne se positionner qu'après un libre examen. Cette prise de conscience ne fit que renforcer mon goût pour l'histoire, non plus celle enseignée mais celle fruit de la recherche, questionneuse, domaine du libre examen et du doute permanent. Premier paradoxe pour certains : avec cette mentalité je me suis retrouvé à saint Cyr à l'issue d'une préparation de concours effectuée lors des derniers violents soubresauts du règlement de la guerre d'Algérie. C'est ainsi que de 1965 à 1967 à Coëtquidan, j'ai continué à me perfectionner en particulier en connaissances historiques , naturellement orientée vers l'étude des conflits passés. Pour la tactique le grand maître était Napoléon Bonaparte. La Grande Guerre était plutôt enseignée dans sa dimension sacrée, présentée comme le sacrifice de tout un peuple réussissant à tenir tête à une incomparable machine de guerre. L'Ecole de saint Cyr -Coëtquidan est implantée dans la lande bretonne seulement depuis le dernier conflit mondial mais les plaques de marbre comportant les noms de tous les anciens saint cyriens tombés " au champ d'honneur " depuis la création de l'école ont suivi son déplacement de la région parisienne à la région rennaise. A peine arrivés à l'Ecole, nous méditions sur la liste des 4840 anciens disparus au cours du conflit du début du siècle. Plus évocateur en était la répartition par promotion.(1) On pouvait constater que sur les 265 élèves de la " Marie-Louise envoyés au front en août 1914, seuls 133 avaient survécu . La promotion suivante, la Montmirail, plus forte en effectif : 477, avait laissé 233 des siens sur le champ de bataille. Ce taux de 50% était même dépassé pour " La croix du drapeau " : 284 tués sur 522 ainsi que pour celle de " La Grande Revanche " : 421 sur 774. Cette guerre était donc abordée à l'Ecole plus qu'ailleurs sous l'angle du sacrifice. Notre promotion qui devait se choisir un nom de baptême n'échappa pas en 1966, année du cinquantenaire des combats de Verdun, au prestigieux parrainage du lieutenant colonel Driant disparu avec ses chasseurs dans la fournaise déclenchée par l'attaque allemande de février 1916 sur ce lieu devenu mythique. Les rigueurs de la justice militaire étaient à peine évoquées lors de l'évocation de " l'année trouble ", 1917, et étaient présentées comme un mal nécessaire lié à l'impérieuse obligation de réprimer les " faits collectifs d'indiscipline " survenus après l'échec de l'offensive dite du " Chemin des Dames " en avril-mai 1917. Fin 1967, officier élève à l'Ecole d'Application de l'Infanterie, j'achetai dès sa parution le livre issu de la thèse de Guy Pedroncini parus sous le titre : " Les Mutineries de 1917 ". Ce livre nous avait été recommandé par notre hiérarchie et une étude en fut faite dans le cadre de notre programme d'instruction. Il nous apprenait, suite à l'exploitation des archives de la Justice Militaire qu'environ 500 condamnations à mort avaient été prononcées suite aux " mutineries " et qu'il en était résulté l'exécution d'environ 10% de ces condamnés. Je lus avec attention ce remarquable ouvrage car il me renvoyait à des questions que le jeune officier que j'étais se posait justement à ce moment de son cursus professionnel : Comment un officier, dont la vocation est peut être de conduire à la mort les soldats sous ses ordres peut il se trouver dans la position de décréter leur exécution ? Comment à l'issue d'un engagement militaire où chacun se trouve à égalité devant le risque de mort, peut on se réunir et enlever la vie à certains de ceux qui en ont réchappé ? Dès cette époque, je me suis résolu à aller plus avant dans cette question, conscient de mon ignorance au sujet des conditions dans lesquelles ces décisions d'exécution avaient été prises. A dire le vrai, mon goût pour l'histoire m'avait amené déjà bien auparavant à tenter de me faire une opinion Encore lycéen, j'avais suivi la polémique qui s'était élevée en 1958 au sujet de l'interdiction de présentation du film de Kubrick " Les sentiers de la gloire ". Cela avait été l'occasion de découvrir, en réédition ou en bibliothèque, les ouvrages parus sur la question dans les années 20 et 30. J'en avais gardé un sentiment de malaise. Les récits relatés dans le livre de de R-G Réau, Les crimes des Conseils de guerre, avec une préface de Henri Guernut, secrétaire général de la Ligue des Droits de l'Homme, Edition du " Progrès civique ", 5, rue du Dôme, Paris, 1925, 335 pages présentaient une réalité particulièrement noire . Il y était question de condamnations et d'exécutions de soldats, dans des conditions particulièrement horribles ordonnés par des officiers mus manifestement par le délire de puissance et la jouissance provoquée par la latitude qui leur avait été concédée d'avoir droit de vie ou de mort sur leurs soldats assimilés à des sujets ; R G Réau en concluait naturellement que ces hommes avaient été des assassins et en appelaient à de nouveaux jugements, pour condamner cette fois-ci, ces derniers, stigmatisés comme criminels. Il insistait sur cette ardente obligation en sous-entendant que le pouvoir politique n'oserait pas le faire car il avait partie liée avec eux et les protégeait. Les quelques ouvrages parus ensuite dans la période 1934-35 et réédités dans les années 1960 sur fond de guerre d'Algérie ne faisaient que reprendre en les enrichissant les dénonciations virulentes des années 20-25. Il en était ainsi de l'ouvrage de Roger Monclin " Les Damnés de la Guerre " ou du numéro spécial du Crapouillot. En revanche, il n'existait pas d'ouvrage connu de moi tentant une justification des comportements dénoncés. Ce n'est que plus tard que j'ai repris la lecture de ces ouvrages et ai mieux compris mon malaise de l'époque. A cette occasion les faits stigmatisés continuèrent à me sembler bien réels mais leur présentation dénotait de la part des auteurs consultés une volonté affichée de militantisme , donc de subjectivité assumée, dans l'exposé des événements. Je ne trouvais certes rien à redire aux propos tenus par Henri Guernut, secrétaire général de la Ligue des Droits de l'Homme, quand il écrivait en préface de l'ouvrage de R G Réau : " Quand une justice érige en système le mépris des formes légales et fait de la précipitation une vertu, lorsqu'elle soumet l'esprit critique aux exigences de la discipline et condamne par ordre au nom de la nécessité, il est écrit que cette justice-là est vouée à l'erreur; elle ne peut en vérité que rendre l'injustice, comme la nuée dormante se résout en pluie d'orage " En revanche, je retrouvais au fond de tous les propos une idée directrice, fort estimable et naturelle qui était celle de mettre la guerre en accusation en se servant d'un exemple très démonstratif d'une de ses conséquences parmi tant d'autres : celle des fusillés pour l'exemple. Tactiquement, pour développer les sentiments pacifistes, les partisans de cette mouvance devaient s'en prendre au bellicisme supposé de leurs adversaires, difficile à prouver. En attaquant un des cas les plus affreux des conséquences des guerres, l'exécution de ses propres soldats par la hiérarchie militaire, ils pouvaient ainsi dénoncer le militarisme et son emprise sur la société, militarisme censé être le vecteur du déclenchement des guerres. Par une sorte de jeu de billard à plusieurs bandes, la dénonciation sans concession de l'institution militaire, en mettant sur la place publique le récit de ses excès, était le moyen de couper dans l'œuf toutes les tentatives de redéclencher un conflit aussi horrible que le premier conflit mondial. Dénoncer les comportements inhumains de la hiérarchie militaire permettait de faire passer le déclenchement des guerres comme résultat de la pression d'un groupe de psychopathes qui avaient intérêt à la survenue d'un tel événement qui leur permettait d'assouvir leurs pulsions de désaxés. Les récits publiés par RG Réau ou Roger Monclin, dans ce contexte, ne manquaient pas de force et de puissance d'évocation. Ceci explique mon empressement à acheter en son temps le livre de Guy Pedroncini qui était le premier ouvrage à paraître sur la question, fruit d'une thèse universitaire et non d'un discours militant. Ce travail, fut, on s'en souvient, immédiatement contesté pour son ton empreint de sympathie pour la hiérarchie militaire et en particulier pour le maréchal Pétain. On soupçonna cet universitaire de partialité dans sa démarche en s'appuyant sur le fait qu'il avait été le seul à avoir eu le privilège de compulser l'ensemble des dossiers concernant la Justice Militaire en 14-18, conservés alors dans la ville de Meaux. Nous examinerons naturellement ce reproche au cours de l'ouvrage. Eclairé sur le volume des condamnations durant les mutineries, je n'avais toutefois pas, à l'issue de ma lecture attentive, de réponses aux questions de fond que je me posais. Je comprenais la nécessité de la répression, tout en m'interrogeant sur sa sévérité . Mon raisonnement s'appuyait sur le fait que le livre de Guy Pedroncini démontrait avec netteté que le terme de " mutinerie " était inadéquat à rendre compte de la réalité du grand mouvement collectif de contestation de mai-juin 1917. Ce mouvement ne s'était pas accompagné des manifestations coutumières des mutineries, c'est-à-dire la mise à mort ou à mal des cadres institutionnels. De ce fait, la nécessité de condamner à mort les " meneurs " d'un mouvement qui n'avait pas entraîné mort d'hommes, ne me paraissait pas absolument évident eu égard à ma problématique, celle de l'officier qui condamne à mort un de ses frères d'armes. Ni l'explication des années 20-30 : l'assouvissement de pulsions sanguinaires, ni la thèse de Pedroncini : la nécessité de provoquer chez le soldat une terreur équivalente à celle qu'il ressent au front, pour l'y maintenir, ne me satisfaisaient . Mon activité d'officier parachutiste m'éloigna pendant quelques années de l'étude de cette question mais ma reprise d'études pendant deux ans tant à la Sorbonne qu'à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris me permit de renouer avec mes interrogations par le biais de la lecture de deux livres, consédérés comme majeurs par moi et récemment alors publiés. Il s'agissait tout d'abord de l'ouvrage de Jean-Jacques Becker, 1914 : comment les Français sont entrés dans la guerre, Paris, Presses de la FNSP, 1977 qui rompait avec les images d'Epinal et qui mettait en valeur les sentiments mêlés des Français au moment de plonger dans la grande tourmente. Le deuxième ouvrage était l'œuvre d'un de mes enseignants de l'IEP : Antoine Prost. Il venait alors de publier sa magistrale thèse intitulée : " Les anciens Combattants et la société française " en 3 volumes. Je lus avec passion ce travail qui démontrait clairement que les grands faits historiques doivent être étudiés dans leur dimension socio-culturelle en essayant de retrouver la réalité des rapports socio-politico-économiques du moment. Ma reprise d'activité professionnelle ne m'empêcha pas de recroiser par intermittences l'objet de mon questionnement. Chef de corps du 67ème régiment d'infanterie à Soissons, je me retrouvais pendant deux ans au milieu de lieux géographiques que j'avais appris à connaître dans le livre de Guy Pedroncini . La zone d'entraînement de mon régiment m'amenait fréquemment sur le chemin des Dames et dans des secteurs dont je savais qu'il y avait été procédé à des exécutions. Les conversations avec les associations détentrices de la mémoire locale me firent ressentir combien les événements survenus en 1917 en particulier soulevaient encore des commentaires passionnés et empreints d'émotion. Plus tard, chargé avec bien d'autres de faciliter l'accueil des blessés de la guerre du Golfe et de leurs familles dans les hôpitaux militaires parisiens en 1991, me retrouvant dans un rôle qui convenait bien à ma façon de concevoir la solidarité entre frères d'armes, je me surpris parfois à penser au traitement des blessés et de ceux qui, sous la pression des combats, avaient " craqué " nerveusement en d'autres temps. Pour le reste j'ai le regret de dire que j'avais peu d'occasions de m'alimenter intellectuellement au sujet de mon sujet de préoccupations. Dans les années 1980, les seules publications, en rapport avec ce sujet d'une recherche, reprenaient avec peu de variantes les récits des années 20-30, insistant avec talent sur la férocité de la hiérarchie militaire et l'iniquité du traitement appliqué aux victimes, présentées quasiment toutes comme des martyrs. A part cela, mention de ces événements ne se retrouvait plus que dans les journaux qui signalaient de plus en plus un regain d'intérêt pour ces " victimes de la guerre " , en particulier au moment des commémorations des 11 novembre. Il faut à ce titre recommander chaudement la lecture du brillant essai réalisé par un jeune universitaire, Nicolas Offenstadt. Son ouvrage Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective ( 1914-1999) publié chez Odile Jacob en 1999, est un modèle d'érudition contrôlée , de finesse intellectuelle et fournit en peu de pages une magistrale présentation de la survivance dans les mémoires de la figure du fusillé. Lorsque mes fonctions m'ont permis vers la fin du siècle de m'intéresser plus fortement à la question, j'ai recherché tout ce qui avait pu être écrit depuis Antoine Prost et J-J Becker , susceptible de me faire progresser dans ma quête historique. Je ne trouvais dans la bibliothèque du Service Historique de l'Armée de Terre dont un hasard m'avait fait devenir le chef, que quelques articles savants et bien documentés mais aucun ouvrage conséquent. Guy Pedroncini avait ainsi sur sa lancée rédigé deux articles en 1973-1974, l'un dans la Revue historique des armées sur " La justice Militaire et l'affaire des quatre caporaux de Souain ( mars 1915-mars 1934) " et l'autre dans la Revue historique intitulé : " Les Cours martiales pendant la Grande Guerre ". Il y avait ensuite un grand vide avec apparition, seulement à l'orée des années 1990, de deux articles , peu nombreux en pages mais riches d'informations nouvelles. Le premier était l'œuvre d'un universitaire américain, Leonard V Smith qui en 1991 avait publié dans la revue The Journal of Military History le résultat de ses recherches sur les conditions de coercition en oeuvre au sein d'une division d'infanterie sous le titre : " The Disciplinary Dilemma of French Military Justice,September 1914-April 1917 : The Case of the 5° Division d'Infanterie " En une vingtaine de pages , l'auteur , premier apparemment depuis Guy Pedroncini à avoir eu accès aux archives de la Justice militaire, avait produit une passionnante étude sur les conditions, plus complexes qu'on aurait pu le supposer, dans lesquelles s'était appliqué les règles de la Justice Militaire. Trois ans plus tard et dans un tout autre registre paraissait en France dans la revue d'Histoire moderne et contemporaine de janvier-mars 1994 un nouveau travail d'un universitaire lillois Vincent Suard,tout à fait neuf avec pour titre : " La Justice Militaire et la peine de mort au début de la première guerre mondiale ". Cherchant à compléter le travail de Guy Pedroncini sur toute la durée de la guerre, Vincent Suard avait essayé de recenser toutes les condamnations à mort et les exécutions. Pour ce faire, sans recourir aux archives de la Justice Militaire, dont la consultation est soumise à autorisation durant les cent ans qui suivent les décisions prises, il avait pu, en exploitant les autres archives librement disponibles, attirer le regard sur un fait largement inconnu de l'opinion et des chercheurs. Son article remettait en effet en question la première page de l'avant-propos du livre de Guy Pedroncini, qui, ayant focalisé son étude sur la crise de 1917, était passé rapidement sur le nombre de condamnés et d'exécutés pendant la période préalable à celle qu'il avait étudiée. Extrapolant à partir d'une statistique portant sur le dernier trimestre 1916, ce dernier en avait conclu " à une estimation de 22 à 23 condamnations à mort par mois, pour toute la période comprise entre août 1914 et janvier 1917, suivies d'une quinzaine de grâces et de 7 à 8 exécutions " (p 3). V Suard à partir de son échantillon constitué à partir de sources différentes de celles constituées par la Justice Militaire était amené à constater que la plus grande part des exécutions avaient eu lieu en 1914-1914 et que l'on avait fusillé au mois d'octobre 1914 bien plus qu'aux mois de juin-juillet 1917, période de répression des mutineries. Il faisait ainsi découvrir qu'il n'était pas pertinent d'associer mutineries et répression, cette dernière ayant été plus féroce en début de guerre qu'après l'offensive du chemin des Dames. Je me permets d'insister sur la qualité du travail fourni par Victor Suard , malheureusement trop peu connu car sa rédaction sous forme d'article, au sein d'une revue, si prestigieuse qu'elle soit, en a empêché la large diffusion qu'il méritait Deux ans après, en 1996, deux chercheurs locaux Robert Attal et Denis Rolland publiaient à leur tour un article intitulé " La Justice Militaire en 1914 et 1915 : Le cas de la 6ème Armée ". Entachée de quelques approximations et confusions, le résultat de cette recherche, enracinée dans la vallée de l'Aisne, confirmait totalement les conclusions de Vincent SUARD Comme déjà indiqué plus haut, j'étais nommé en 1997 chef du Service historique de l'armée de terre, connu sous ses initiales SHAT Comme son nom ne l'indique pas, ce service a, entre autres et particulièrement, pour mission de collecter, conserver et mettre à la disposition du public les archives dites autrefois du " Ministère de la Guerre " et provenant essentiellement de nos jours du Secrétariat Général de la Défense Nationale, du ministère de la Défense et de son administration centrale, de l'Etat-Major des Armées et des différentes composantes de l'Armée de Terre . Appelé pendant longtemps " Dépôt de la Guerre ", il a vécu les vicissitudes de l'histoire tourmentée de la France et a définitivement élu domicile après la 2ème guerre mondiale au château de Vincennes au fur et à mesure de la remise en état partielle de ce monument, dévasté par les destructions que lui avaient fait subir les troupes allemandes lors de leur départ en août 1944 En dépit de la disparition de nombreuses archives au cours des guerres, le fonds est impressionnant. Remontant pratiquement à la mise sur pied de l'administration de l'outil de violence légitime du Roi-Soleil, il est comme tous les fonds, différemment riche sur les périodes historiques, sans que l'on sache si les lacunes sont dues à des disparitions ou à une volonté de " lisser le passé " obtenu par filtrage ou épuration avant ou après versement par les différents organismes producteurs de ces archives L'ensemble de ces fonds se répartit sur 54 000 mètres linéaires, en voie d'augmentation constante , essentiellement dans les bâtiments et souterrains du château de Vincennes, un fonds annexe existant dans les casemates du fort de l'Est au Nord-est de Paris . Cette visite dans ce site annexe allait me procurer d'ailleurs surprise et émotion. Guidé par un conservateur responsable d'une partie du fond, officier greffier de deuxième classe du corps de la justice Militaire, je pénétrai dans une casemate et découvris l'ensemble des cartons regroupant les dossiers de jugement des 140 000 affaires traitées par les Conseils de guerre de 1914 à 1919 . Je réalisais que j'étais en face des sources qui avaient permis à Guy Pedroncini d'écrire son livre magistral en 1967 après une étude approfondie de ces dossiers pendant huit ans soit de 1959 à la parution du livre. Je savais qu'à l'époque ces archives étaient à Meaux entre les mains des archivistes de la justice Militaire et je n'avais pas réalisé qu'elles avaient été reversées au SHAT, comme je l'appris , dans les années 1970. Le conservateur entreprit de me faire un long plaidoyer sur l'intérêt qu'il y avait à sauvegarder ce fonds , contenu dans des cartons qui montraient des signes de faiblesse. Affecté au SHAT depuis 1987, il me dit combien il y avait de choses à dire sur la réalité du fonctionnement de la Justice Militaire durant le premier conflit mondial au travers des sondages qu'il avait pu faire. Avant de décider quoi que ce soit, je me replongeais dans la lecture du livre de Pedroncini , dans celle des travaux qui l'avaient précédé avant 1939 et de ceux qui avaient suivi en les recensant. C'est ainsi que je pris ou repris connaissance avec les ouvrages mentionnés plus haut. Je n'avais pas été difficile à convaincre de faire un effort en ce domaine, compte tenu de la question qui m'interpellait depuis mon entrée sous l'uniforme. Je décidai donc de mettre à la disposition de cet officier greffier un personnel pour l'aider, personnellement choisi par moi parmi les étudiants qui m'étaient affectés pour leur période de service national, puisque ce dernier fonctionnait encore. Je donnais pour tâche à ces derniers de faire la toilette du fond pour en assurer une meilleure conservation . Je souhaitais en même temps en faire faire un inventaire enrichi pour le rendre plus aisément consultable par les chercheurs ultérieurs lorsque ce fonds deviendrait communicable sans entraves. Je m'ouvris au conservateur de ce que j'avais retiré de neuf des derniers travaux sur la question et en particulier de cette nouveauté qu'était la découverte que la justice militaire s'était montrée la plus sévère non en 1917 mais en 1914-1915 . Les trois travaux cités plus haut concordaient . Léonard Smith qui avait pu consulter la totalité des archives militaires de la 5ème division d'infanterie, Vincent Suard , Robert Attal et Denis Rolland qui, eux, sans le secours de ces archives en étaient arrivés à la même conclusion , m'incitaient à poursuivre leur démarche et d'essayer d'approcher le plus exhaustivement possible du problème qui était celui de la connaissance de l'ampleur de la répression, par le biais de la totalisation des condamnations à mort et des mises en exécution. Les dossiers de procédure étant encore clos de par la loi, une réflexion commune se fit jour pour examiner ce qui pouvait être réalisé techniquement et légalement. Le choix se porta sur l'exploitation d'un document qui ne se trouve pas dans le dossier de jugement mais qui est la consignation des résultats du jugement. Cette pièce administrative, réglementaire , de 4 pages, est le document qui permet de conserver la mémoire du jugement , de l'exécution de la peine et renvoie à la consultation du dossier. Cette pièce est la minute du jugement. Rédigée par le greffier, revêtue des signatures de tous les acteurs du jugement, elle trouvait sa place dans l'ordre chronologique des jugements au sein d'un volume constitué de l'ensemble des minutes et appelé pour cela " minutier " Ces derniers , impressionnants par leur taille, se trouvaient empilés prés des cartons des procédures au Fort de l'Est. L'idée auquel nous nous arrêtâmes fut de, parallèlement au nettoyage et au sauvetage de ce qui devait l'être, de relever le maximum de caractéristiques possibles à partir de cette source unique, facilement accessible , des minutiers, sans accès aux dossiers eux-mêmes. La haute qualité scientifique des étudiants sélectionnés, pendant les deux ans de travaux ininterrompus exécutés pour arriver à se faire une idée du fonctionnement de la justice fit qu'il n'y eût aucune difficulté pour que le recueil des données se fit par le biais de l'informatique et du logiciel Acces. On parvint à établir une base de données qui définissait chaque individu condamné, quand les données étaient disponibles, par près de 60 champs différents. Nous menâmes ainsi une aventure méthodologique fascinante , faite avec un esprit d'équipe étonnant, mêlant à la prudence et aux connaissances juridiques de l'officier greffier Gilles Franckhauser, l'enthousiasme et l'esprit de méthode de Arnaud Lamy, Judicael Chevalier, Sébastien Ottavi, Nicolas Renaud et .. Pillet. Ces jeunes chercheurs n'ont pas œuvré ensemble, mais successivement se passant le relais à l'issue de plages de recouvrement communes. Je m'en voudrais d'en citer l'un plutôt que l'autre tant , tous , à partir de leurs disciplines de formation en science historique, fort différentes, ont su apporter un enrichissement considérable au questionnement qui a été alors le nôtre. Après de nombreux tâtonnements et la mise au point du système de recueil informatique, le travail, minutieux et fastidieux de repérage des condamnés, à mort ou aux travaux forcés à perpétuité, parmi les 140 000 jugements disponibles ,a pris son essor à partir du mois de mai 1998. Le côté fastidieux était coupé par le travail en parallèle fait sur la méthodologie, destiné à s'assurer que l'on n'entrait pas de biais dans l'enquête et que l'on mesurait bien les limites de l'étude. Une étude des minutiers, semestre par semestre , nous avait permis de constater rapidement qu'environ 20% des dossiers de jugement manquaient par suite de non existence des archives des conseils de guerre de certaines divisions, confirmant en cala les dires de Guy Pedroncini Ce taux s'élevait même jusqu'à 26% pour le 2ème semestre 1914, période que Vincent Suard et Attal-Rolland nous décrivaient comme la plus meurtrière. C'est au milieu de ce travail entouré de précautions que nous surprit la polémique déclanchée par la manchette du journal Le Monde du samedi 7 novembre 1918 : " La République honore les mutins de 1917 ", suite au discours du premier Ministre Lionel Jospin à Craonne le 5 novembre. La lecture approfondie du discours du Premier Ministre me convainquit rapidement de l'inanité de la polémique et du fait que, comme l' l'écrivit alors l'historienne Claire Salomon - Bayet dans le numéro du 15-16 novembre 1998 du quotidien cité , il y avait eu dans le choix de la manchette de l'article " un faux-sens grave, un quasi contre-sens " Lire dans le discours du 5 novembre " Lieu sacré, Craonne fut au printemps 1917 le cœur ensanglanté de la Première Guerre Mondiale " ne pouvait choquer l'historien de cette période que je suis devenu , même si sur d'autres fronts en France et ,hors de France, d'autres lieux se distinguaient alors aussi en ce qui concerne la destruction de vies humaines. Je ne trouvais, non plus, rien à redire à l'évocation des " fusillés pour l'exemple " : " …épuisés par des attaques condamnées à l'avance, glissant dans une boue trempée de sang, plongés dans un désespoir sans fond " si ce n'est que cette désespérance habitait la tête de tous les poilus, ainsi qu'en témoignent la consultation des très nombreux récits de soldats confiés par leurs familles sous forme de fonds privés au SHAT. Quant à considérer les fusillés comme " victimes d'une discipline dont la rigueur n'avait d'égale que la dureté des combats ", je ne pouvais qu'approuver cette mise en balance d'une situation d'exception, difficile à apprécier dans la quiétude d'un fauteuil. J'en tirais à ce stade plusieurs conclusions. La première était que cette polémique n'aurait pas du avoir lieu. Je comprenais en effet parfaitement la réaction du Président de la République transcrite dans le communiqué émis par l'AFP le 7 novembre : " La présidence n'a cependant décidé d'intervenir qu'au vu de l'importance accordée au propos de M Jospin, notamment par le journal Le Monde qui titrait en une dans son édition datée de samedi : " La République honore les mutins ". Il n'empêche qu'il y avait eu tentation manifeste de politiser le débat et les média y avaient presque réussi en jouant du pouvoir évocateur de Craonne comme lieu symbole d'un refus d'obéissance légitime aux pouvoirs établis, image appréciée à gauche et rejetée à droite où les troubles de 1917 sont perçus traditionnellement comme manifestation d'une indiscipline préjudiciable au salut du pays . Ce qui était sûr en tout cas était le fait que ces événements de 14-18 ne se résumaient pas à de la cendre refroidie . Cela ne fit que me conforter dans l'idée d'aller de l'avant dans ma quête, pour fournir aux futurs polémiquants des éléments fiables concernant les zones d'ombres qui entouraient encore cette question controversée. A cette occasion on avait reparlé de milliers d'exécutés et de décimations et il me paraissait temps de faire le point. Instruits des méthodes de travail de Vincent Suard , nous partîmes comme lui à la recherche des condamnés à mort consignés dans les archives de commandement des armées, afin de croiser les informations qu'elles contenaient avec celles figurant sur les miunutiers. . Comme on s'en doutait, nous avons retrouvé un certain nombre de condamnés à mort absents de notre base de données du fait de la disparition d'une partie des archives de Justice Militaire. En compulsant les archives administratives des grandes unités militaires qui se trouvaient dans ce cas, on a pu ainsi en quelques mois au sein de 9 cartons relever 87 nouveaux noms de condamnés à mort. Cette quête n'est d'ailleurs pas finie au moment de la rédaction de cet ouvrage. On a déjà dit qu'on peut tabler à cette date sur plus de 2400 condamnations à mort ou aux travaux forcés à perpétuité et environ sur 600 exécutions, ce nombre concernant les combattants et excluant une vingtaine de prisonniers allemands et plusieurs dizaines de civils fusillés les premiers pour pillage et les seconds pour espionnage en France et en Orient. Ce chiffre est susceptible d'évoluer encore un peu du fait de l'exploitation en cours des trouvailles récentes du chercheur Denis Rolland qui a réussi à extraire du fichier des Anciens combattants consacrés aux hommes " non morts pour la France " une liste de fusillés qui confrontée à celle obtenue au travers des archives du SHAT a fait apparaître encore à peu près 80 noms supplémentaires, surtout pour les années 1914 et 1915. Il a découvert à cette occasion la relative fréquence de suicides au front ou en permission Le chiffre total ne peut donc qu'augmenter avec le temps mais l'expérience prouve qu'il est de plus en plus difficile de trouver de nouveaux noms. Il n'empêche que la recherche de l'exhaustivité est une quête vaine et illusoire. L'entreprise historique menée cherche simplement à s'en rapprocher le plus possible.
Pour en finir avec ce bref compte-rendu d'activité de recherche, il me faut dire combien j'ai pu apprécier à ce moment de pouvoir confronter mes hypothèses avec un des rares chercheurs travaillant sur le même sujet, M Nicolas Offenstadt . J'ai déjà indiqué tout le bien du livre qu'il a publié chez Odile Jacob en 1999 et j'espère qu'il ne s'arrêtera pas en aussi bon chemin . Cette longue introduction ne peut se clore toutefois sans revenir aux propos introductifs. Comment , vous, général, qui avez en particulier dans votre carrière été professeur de tactique à l'Ecole supérieure de Guerre, qui y avait été même pendant un an directeur du cours " Stratégie et histoire militaire ", pouvez-vous consacrer votre temps à vous pencher sur l'étude de l'infime minorité de soldats qui ont manqué de courage ou d'abnégation alors que vos connaissances pourraient être plus utilement employées à faire revivre la souffrance de tous ceux qui ont supporté la même vie sans se rebeller ou se défiler. A tout le moins, vos occupations antérieures qui ont du vous permettre de mieux connaître les processus guerriers de l'époque devrait vous inciter à faire plutôt connaître le résultat de vos études en ce domaine qui est plus de votre domaine de spécialité. Au fond ne cherchez vous pas simplement à vous singulariser, à chercher un peu de réclame en jouant à l'esprit fort ou bien votre attitude ne serait-elle pas une façon , de manière détournée, de régler vos comptes avec une hiérarchie militaire qui vous a malmenée et que vous cherchez maintenant à égratigner en dénonçant le comportement condamnable de certains de ses membres à l'occasion du premier conflit mondial ? Il est sain de répondre à ce type de questions sans chercher à les esquiver. Dire que durant toute ma carrière militaire je n'ai eu affaire qu'à des chefs dont la conduite a été telle qu'il faut sans attendre ouvrir pour eux une procédure en vue de leur béatification serait contraire à la vérité. Néanmoins, j'ai vécu dans l'armée une vie passionnante et y ait rencontré des personnages hors du commun, à commencer par mon commandant de promotion à Sait Cyr. Je suis donc très attaché à ce milieu et je le regarde avec sympathie évoluer, se séparer de la conscription et se préparer à se fondre dans une future armée européenne que j'appelle personnellement de mes vœux. Ensuite, je dois dire que je ne me suis jamais senti bridé intellectuellement durant ma vie active et que si parfois, je le reconnais, mon indépendance d'esprit renforcée d'un peu de manque de souplesse, m'a occasionné quelques ennuis, je pense qu'il en aurait été pareillement dans d'autres professions. Certains de mes chefs m'en ont tenu grief, d'autres, aussi nombreux m'en ont félicité et encouragé à persévérer dans cette voie. Tout ceci, néanmoins ne garantit aucune objectivité à ma démarche. Nous sommes les produits de notre histoire. Je considère pour ma part qu'il faut être très lucide sur sa capacité d'ouverture d'esprit. Je me vis et je me pense tout d'abord comme citoyen, fier de ma liberté de penser bien formé à cela par ma famille et l'éducation nationale. Ensuite j'assume ma fonction de général à la retraite, fier là aussi de l'expérience vécue et conscient, naturellement, que je ne peux que chercher à défendre, même sans le vouloir, l'institution à laquelle je suis attaché. Enfin je revendique l'historien que je suis devenu, veillant scrupuleusement à respecter les précautions d'usage en matière de recherche . Citoyen d'abord, général et historien ensuite, je revendique le droit de parler, écrire et interpeller les événements depuis cette position qui demande des arbitrages perpétuels, bénéfiques pour l'hygiène mentale . Ayant durant toute ma carrière été particulièrement attentif au maintien de la dignité humaine, ayant un sens aigu de la justice et pénétré des bienfaits de l'état de droit, j'ai pu sans état d'âme en envisager la protection en y risquant éventuellement ma vie. Ceci étant, et fort logiquement, cette position de principe m'a amené naturellement à pratiquer la liberté d'examen que, précisément je tenais particulièrement à défendre pour les autres. Une fois posée cette pétition de principe, il reste à répondre à la question initiale. Bon ! Vous nous avez expliqué que la problématique des soldats fusillés par leurs chefs vous empêchait de dormir. Vous nous expliquez que le hasard vous a permis 30 ans après votre entrée dans l'armée de vous faire une opinion dans les conditions les plus privilégiées sur ce sujet. Pourquoi ne vous contentez pas du devoir de réserve à ce sujet et ne gardez vous pas cela pour vous alors qu'il est manifeste que vous vous intéressez à ce qui ne peut qu'hérisser des chefs militaires : la description de la désobéissance ? Ma première réponse est qu'en moi le général ne peut donner d'ordre à l'historien et au citoyen et que ce n'est pas parce que le sujet peut sembler scabreux à certains qu'il ne doit pas être évoqué. J'ajouterais que parfois c'est son côté apparemment scabreux qui doit inciter à l'aborder . Naturellement qu'on n'attende pas de moi de reprendre les thèmes développées après la première guerre mondiale par ceux qui, au delà de la réparation d'injustices flagrantes, y voyait le moyen de criminaliser l'institution militaire en général et de la déligitimer aux yeux de l'opinion. Au-delà de ma quête personnelle, mon désir de faire partager le résultat de mes recherches tient à mes facettes de citoyen et d'historien. Le citoyen et l'historien pensent tous deux que dans la période actuelle, incertaine, qui s'annonce, il faut pour se lancer hardiment dans la prospective tenir fortement compte de la rétrospective . Dans une Europe frileuse qui chipote sur les avantages des uns et des autres, il est bon d'aller revisiter un des plus grands scandales mondiaux : la première grande guerre civile entre Européens en 14-18. Or, il est difficile de ressentir combien elle a tétanisé notre continent, surtout à partir du moment où elle a été grosse d'une deuxième guerre survenant à peine vingt ans après la première et frappant donc la même génération. La nôtre a eu connaissance de ces faits par ceux qui les avaient subis, mais cette transmission de savoir ne s'est pas vraiment faite. Vieillissant, blessés à mort psychologiquement par le souvenir de ce qu'ils avaient vécus, tragiquement frappés par la survenue alors qu'ils étaient dans la force de l'âge de la défaite de 1940 qui les renvoyaient à la question de : " pourquoi tant de souffrances et de sacrifices pour en arriver là ? ", ils n'ont pas en réalité médiatisé l'enfer vécu par eux. Cela ne veut pas dire que la génération qui a subi cette guerre n'a pas intériorisé cette souffrance. Les huit millions de mobilisés avaient des parents, des épouses, des enfants. Sur ceux qui étaient au front et celles et ceux qui attendaient des lettres ou la visite du maire s'était alors installé en France comme dans les autres pays européens belligérants un voile de terreur transformant le déroulement de l'existence en angoisse permanente. Aux traces physiques des blessures des trois millions de soldats frappés, il faut ajouter les blessures irrémédiables de l'âme et il faut le talent de romanciers comme J M Rouault dans les Champs d'honneur pour faire toucher du doigt la détresse sans fond de tous ceux qui vivaient dans l'angoisse de la mort tant redoutée annoncée. Oui, comment " retrouver la guerre " ? J'avoue que jusqu'à présent, je n'ai guère trouvé en librairie de satisfaction à ce sujet . Je ne connais pas d'ouvrages rendant compte de ce qu'intuitivement je devine du fait de ma faible mais réelle expérience des situations limites et de la peur qui envahit parfois alors qu'on se voit devant sa propre mort. Lire Dorgelès, Genevoix ou Barbusse ne permet pas de nos jours de s'immiscer dans un milieu qui nous parait très lointain, voire éthéré. Ma fréquentation des archives en rapport avec l'application de la peine de mort, par la dureté des comportements décrits, m'a amené à m'intéresser de plus près à ce que pouvait ressentir le soldat et retrouver ses conditions de vie au quotidien. Il ne faut donc pas s'étonner si je citerai souvent des extraits de souvenirs inédits qui, certes souvent maladroits dans l'expression par manque d'aisance littéraire, décrivent par là-même les faits dans toute leur brutalité. Je suis d'accord avec Nicolas Offenstadt pour dire qu'il faut éviter de regarder cette guerre avec les yeux des " normaliens " qui l'ont décrite. La masse de ceux qui se sont battus , était constituée pour une large part de domestiques agricoles, de journaliers , de cultivateurs, d' habitués de petits métiers précaires dans un pays où les lois sociales étaient alors telles qu'elles ne leur permettaient de vivre que difficilement , en quête permanente et âpre de l'essentiel sans songer au superflu Ce sont eux qui, dans une promiscuité nauséabonde, dans la boue et les poux, vont se jeter " en cohue " comme dira le général de Bazelaire sur les tranchées adverses, cherchant avant l'attaque et à l'issue, pour les survivants, le réconfort dans " le pinard ". Mais, direz-vous, vous ne répondez pas à la question : pourquoi ne s'intéresser qu'aux marginaux,ceux qui furent flétris comme des " lâches " lorsqu'ils furent attachés au poteau d'exécution, qu'ils furent dégradés publiquement car indignes de porter l'uniforme, à qui on banda les yeux, en présence de leurs camarades de régiment qui présentèrent les armes au moment de leur exécution et à l'issue défilèrent devant leur dépouille à terre au pas cadencé entraîné par le son de la musique militaire régimentaire qui scandait " Mourir pour la Patrie " ? La réponse est simple. Personne ne souhaite cette fin là. Il paraît clair que seule l'horreur d'une situation insoutenable peut amener certains à prendre le risque d'être mis en condition de quitter la vie d'une façon pareille. S'intéresser à cette infime partie de l'iceberg( 600 exécutés sur 8 millions de mobilisés) est un moyen d'accès privilégié au reste de l'ensemble du bloc de glace qui immergé, échappe en très grande partie à nos regards. En s'intéressant au petit échantillon des " lâches ", à leur état civil ;, aux conditions dans lesquelles ils se sont fait happer par la machine judiciaire militaire, on est sûr de retrouver l'imaginaire et le vécu quotidien de tous les hommes qui se sont côtoyés pendant un conflit d'autant plus infernal qu'il n'avait pas de terme prévisible, le seul progrès constaté étant dans l'apparition d'armes de destruction de plus en plus puissantes et meurtrières. Certains ont voulu décrire la vie au front comme circonscrite dans un face à face haineux entre soldats prolétaires et officiers et cadres bourgeois. La hargne envers les officiers et sous-officiers est trop fréquente dans les lettres interceptées par le contrôle postal pour nier cet aspect des choses et la tension latente qui couve dans les tranchées et se libère parfois contre un encadrement estimé souvent arrogant ou grossier envers les hommes. Mais il existe un clivage bien plus fort que ce dernier. C'est celui qui sépare le front de l'arrière. Certes dans de nombreux cas existent les témoignages de soldats qui considèrent que certains des condamnés à mort n'ont pas volé ce qui leur arrivait . Mais peu mordent au discours du commandement qui invite au mépris envers les condamnés. Les soldats utilisent entre eux, pour ceux qui manquent de courage le terme argotique de ' " foireux ", c'est-à-dire ceux qui se laissent aller dans leur pantalon. Ils ont tendance dans la vie quotidienne au front à les entourer du mépris attaché à ceux qui manquent de solidarité envers leus camarades et de courage Mais au-delà, ils n'insistent pas . Le brancardier-musicien Leleu du 102ème RI, croix de guerre, admirable de dévouement dans sa relève des blessés, a assisté en tant que musicien à plusieurs exécutions où il a joué sa partie dans l'exécution de l'hymne " Mourir pour la Patrie ". Dans ses souvenirs inédits, il parle du sentiment d'horreur que cela lui a occasionné et au détour d'une phrase, il laisse percer son sentiment : " Je me suis laissé dire qu'après la guerre des fusillés avaient été considérés comme "Morts pour la France", ce qui serait une sorte de réhabilitation. Je ne sais si cela est exact mais, quant à moi, je crois sincèrement que beaucoup de ces malheureux sont effectivement morts pour le Pays, car c'est la France qui les a appelés, et c'est pour elle qu'ils se sont battus, qu'ils ont souffert là où les menait leur tragique destinée et ce n'est pas un moment de défaillance physique ou morale qui peut effacer leur sacrifice. J'ose m'incliner devant leur mémoire. Jugera qui voudra, à condition qu'il soit passé par là. "(1) En revanche, l'objet unanime de ce qu'il faut bien appeler une véritable haine est réservé à ceux qui réussissent à éviter le front. On n'a pas idée aujourd'hui de l'émotion et de la colère qui soulevait les hommes du front quand on prononçait le mot détesté " d'embusqué " J'ai retrouvé, recopié avec soin par le soldat Potel du 5ème Régiment d'Infanterie, un poème anonyme qui devait circuler dans sa section et peut être au-delà, écrit vraisemblablement en 1918. L'orthographe est respectée, ainsi que les allusions argotiques, qui restent en général compréhensibles. Ce poème se passe de commentaires LES EMBUSQUES Ils sont comme ça, des cents, des milles Dans Pantruche,ou dans les dépôts Qui se les roulent en automobiles Ou qui se les chauffent dans les bureaux : Des embusqués ? qu'on les appelle ; Des embusqués, c'est bien de l'honneur Cae ce mot là, quand même rappelle peur Tas de salops ! tas de fillottes, tas de fausse-couche Tas de faits en fiacre… et de propre à rien Vos copains se font tués comme des mouches Et vous déclarez ça va bien, Devoir, courage, patriotisme C'est de la foutaise pour des balots Et la bravoure et l'héroïsme C'est du bidon, c'est des grands mots Parpleu, n'est-ce pas ! c'est inutile Une citation à l'ordre du jour ? Vaut bien mieux se la couler tranquille A la caserne de la Tour Maubourg.. ; Pour dormir à la belle étoile La mort dans le nez, le froid dans le dos Vaut mieux se mettre au chaud dans les toiles Avec celles qui reviennent de Bordeaux. Pour aller dans les bois de l'Argonne Se faire zigouiller, c'est pas pressant Puis, y a du monde, y a besoin de personne Je veux l'économiser, mon sang ? Ton sang ? c'est donc de la marchandise Qui est si chère que ça ? Ton sang, non mais faut que je te le dise Tu n'en as pas, fils à papa Qu'est ce que c'est qui coule dans tes veines C'est du jus de pipe, c'est de l'eau de bidet Mais regarde toi donc, sale graine Y a-t-il du sang dans un navet ? Mais c'est juste au fait, t'es malade Tu voudrais bien être un poilu Et mettre les boches en marmelade C'est monsieur le major qu'à pas voulu Ah ! mon pauvre vieux, ce n'est pas de chance Déposer un ultimatum Comme quoi l'on veut défendre la France Et se faire foute un moratorium C'est pas verni, non, je l'imagine Lorsque crânement on offre sa peau ! La voir mettre dans la naphtaline Pour tout l'hiver dans un dépôt. C'est comme ça qu'ils sont dix huit mille Rien qu'à la 22ème section Troupeau de ratés, bande d'inutiles Dix huit mille belle demie portion Monsieur se sent feiblard en guiboles Monsieur a des ratées au cœur Monsieur a mal aux roubignoles Ah ! Quel boulot, mon cher docteur. Ils exibent tous des maladies Qu'avant la guerre, on ne connaissait pas Des varices, puis des hernies.. Ça fleurit, y en à des tas Celui-ci parlait, avec mystère Sa goutte, maintenant y fait l'aveu Sa goutte est tellement militaire Qu'elle l'empêche d'aller au feu. Celui là fait de la retraite, ça s'explique Depuis la Marne, faut pas l'oublier Nous savons que la retraite stratégique Consiste à savoir se replier. Pour un qui est peut être vraiment patraque Tous les autres, c'est du beau chiqué. Des gas bien balancés, d'attaque Des costauds, et c'est embusquer. Voyons mon beau Jésus raconte Comment que tu t'es carrapaté ; Quand la République, j'en ai honte A pour devise : Egalité ; T'as mobilisé ciel et terre T'as mis en marche tous les pistons Et t'as jeter dans tous les ministères Tout l'arsenal de tes relations ; Ta gonzesse a fait des visites Elle a chialer tant qu'elle a pu Et pour te garer des marmites, Elle a fait son petit homme cocu : Ah ! dame ça se paie les grands services En matière, ou bien autrement Mais t'as fait tous les sacrifices Et t'as réussit, t'es content Te v'la sauvé, je te félicite Te v'la garer des accidents ; C'était ton rêve, à toi, la fuite C'est bien mon vieu ; Dis-moi cependant Puisque c'est bien convenu, que tu te cache Je voudrais, t'entends, je voudrais ne pas te voir En train de te friser - les moustaches Sur le boulevard du matin au soir ; Je voudrais que tu comprennes, sale molusque Qu'il existe, sois en stupéfait, Un courage, pour celui qui s'embusque Et que c'est de s'embusquer tout à fait. Oui, je t'en supplies, cache ta frimousse Qu'on ne te voies plus, reste dans ton coin Savoure bien, ton bonheur, pisse ta frousse, Bien tranquillement, sans faire de foin. Avec tes airs de tartarin Vois-tu, c'est insulter la foule De ceux qu'on de la peine, et du chagrin. Mais non, rien à faire, faut que ça se montre Faut qu'on voie ça dans les cafés Il faut que ça vienne à notre rencontre Et que ça cherche même à nous blazer Ça discute les communiqués Ça voudrait qu'on soit en Allemagne Que les Japonais soient débarqués ; C'est pourtant sûr, quand j'y pense Qu'il faudrait bien que les japonais S'amènent pour délivrer la France Si nous n'avions que de tels français . Et vous pouvez hurler ? La presse Mesieurs Clemenceau ; et maître Chenu Vous pouvez dire qu'il faut que cela cesse ? Allez, votre temps est bien perdu. Plus qu'on fulmine, et qu'on rouspète Plus que ces mesieurs rigolent un peu Aussi, moi je me révolte ? Messieu ? Parce que j'en reviens, moi, de la fournaise Et j'ai chanté ( rayé : gueulé) la Marseillaise Pensant que c'était la dernière fois ; J'étais croupis dans le fond de ma tranchée Et j'ai guetter le boche jusqu'au jour Qu'une balle de shrapnel s'est nichée Dans ma carcasse, c'était mon tour. Mais, sitôt d'aplomb , je vais me mettre en chasse Pour dégoter un de ces messieurs Un embusqué, mais de la vraie race Un solide, un tout ce qu'il y a de mieux Et je lui dirai " bonjour, approche, C'est bathe, t'as le teint rose et l'oeil clair ! Comment c'est toi qu'as peur des boches Avec cette allure de petit chante clair ; T'es là reluisant, comme une médaille Bien astiqué, frais et musqué Loin du bruit, même de la bataille T'es là mon salaup d'embusqué T'es là, tu te soignes, tu prends ton tub Pendant que les bleus ont les pieds gelés ? Tes pieds, n'est-ce pas, mègue en jujube I'n' géleront pas, y sont nickelés Eh ! bien froussard, ton heure est venue A nous deux mon gas, à nous deux Faut te battre avec moi dans la rue Oui, faut régler ce compte là, mon vieu ; Et je lui taperai dans la vitrine Je lui pocherai l'œil, je lui bourrai le nez Et je lui collerai des toulousines Jusqu'à ce qu'il gueule, assez ! assez Alors je lui dirai, bonsoir vieu frère, Que cette leçon, te rende moins poltron Car je t'ai mis là sur le derrière Pour t'apprendre à aller sur le front. " (2)
Il est évident que ce texte, par sa violence, mérite d'être mis à distance , par l'historien,, tant il fait passer par toutes les nuances des sentiments et suscite l'émotion , de quelque bord qu'on puisse se qualifier. Il n'en reste pas moins qu'il est un moyen intuitif de retrouver la réalité de la guerre et il doit être pris en compte pour l'aborder. On voit bien que l'esquive sauvage du combat, sans être comprise et admise, a été parfois excusée , contrairement à celle obtenue par privilège qui unanimement a révolté les électeurs présents au front, nourris des cours de morale civique de leurs instituteurs et sensibles aux inscriptions qui souvent ornaient alors le fronton des écoles depuis une trentaine d'années : " R.F. Liberté, Egalité, Fraternité " Par ce texte je vous donne ma réponse de Citoyen-historien. Ce passé fait partie de notre patrimoine et il doit être connu dans sa dimension politique et assumé de nos jours . L'Historien-citoyen tient un langage un peu plus technique. Compte tenu de la charge émotionnelle d'un tel sujet, il importe qu'il soit étudié hors du militantisme. Ce qui est important n'est pas de se servir du passé pour jeter l'anathème sur ceux qui ne pensent pas comme nous mais d'essayer de décortiquer les raisons qui ont pu amener à la survenue d'un type de comportement à un certain moment de l'histoire. Seule une recherche historique prenant en compte les contraintes socio-culturelles de l'époque, peut ,avec humilité et dans le cas présent avec beaucoup de compassion, chercher à présenter une situation qui, laissée au domaine de l'évocation mémorielle, ne produit que source d'affrontements et de pulsions proche de la douleur. L'historien citoyen pense que, libéré de la tâche d'instruire , à nouveau, un procès, il se doit d'éclairer, en essayant lui-même de conserver une grande sérénité, les recoins obscurs de notre histoire et livrer les résultats de sa recherche au libre examen des citoyens. L'historien s'inscrit dans le temps, le citoyen réagit à l'événement. J'avoue que c'est en citoyen que je me permets de réagir à l'actualité de cette année 2003. Comme je le pense de nombreux compatriotes, j'ai assez mal apprécié le désormais célèbre discours du responsable du département de la Défense aux Etats-Unis : Donald Rumsfeld, parlant avec mépris de la " Vieille Europe ". Ce discours a ouvert la voie à d'autres propos sur la couardise supposée des combattants français en 1940. Il m'est apparu que ce distingué ministre n'avait manifestement pas mesuré l'ampleur du conflit de 14-18 dans la vieille Europe et son impact sur le sentiments mêlés de la population en 1940 devant la perspective de revivre, à 20 ans d'intervalle , le même cauchemar. Pénétré de mon sujet d'études, il m'est apparu que ce distingué ministre avait des excuses pour méconnaître l'installation pendant 4 ans sur le sol européen d'une machine à broyer les existences et qu'il était important de remédier à cette lacune. Décrire le mécanisme qui a rendu possible les exécutions pour l'exemple, et en cela je rejoins les militants de l'entre deux-guerres, me semble à cet effet un des moyens de mieux comprendre les mécanismes qui ont réussi à déclencher, faire perdurer ce conflit mondial et qui ont amené les opinions des peuples européens à aborder la question de la décision de déclenchement de la violence incontrôlée avec une suspicion considérée outre-atlantique comme trouvant sa source uniquement dans la lâcheté. Ce mot a trop servi dans le conflit , objet de notre étude, pour qu'il ne soit pas lui aussi regardé avec suspicion. Pour moi , à qui vient naturellement aux lèvres le mot de " sympathie " pour décrire mon sentiment envers les Etats-Unis , son peuple et son armée que j'ai côtoyée, mon coté citoyen historien m'incite à leur dire de s'intéresser à des événements tels que ceux qui vont être décrits dans cet ouvrage pour comprendre des comportements qu'ils interprètent faussement. Le Citoyen historien et l'Historien citoyen, me direz-vous, paraissent prolixes, le Général citoyen historien l'est beaucoup moins ! Certes mais il a son mot à dire qui s'adresse plus spécialement aux membres de la corporation dont il est issue . Cette dernière, aux prises avec une révolution silencieuse qui est la tendance à l'affaiblissement du phénomène du nationalisme, phénomène qui lui a assuré autrefois une place peut être démesurée dans la vie politique nationale, œuvre avec courage et détermination pour ne pas rater son entrée dans la future Europe puissance dont elle comprend la nécessité et le besoin d'en assurer efficacement la défense. Elle vit la rupture fondamentale avec une mode de fonctionnement et de rapports sociaux plus que séculaire. Il me paraît bon qu'elle jette un regard sur le modèle en train de disparaître et en tire des conséquences pour l'avenir et sur la manière dont on se doit, de tous temps, de commander et de traiter les hommes quand on les amène en des lieux où on leur demande potentiellement de tuer ou de mourir pour protéger la collectivité qui les a mandaté pour cela.
(1) Gérard Fassy - " Les jeunes saint-cyriens dans la Grande Guerre " p 171-183 in Cerma - Cahiers d'études et d e recherches du Musée de l'Armée " Saint-Cyr La société militaire, la société française ", numéro 4, 2002, page 182 (2) Mémoires d'un poilu, transcription d'un manuscrit rédigé d'après ses notes de guerre par Henri Pôtel, soldat au 5ème R.I., puis au 120ème R.I., réalisation Atelier d'Arts graphiques et Imprimerie d'Aulnay-sous-Bois (1997) (3) "Mémoires de Louis Leleu, musicien-brancardier pris dans la Grande Guerre " transcrit par Danielle Percic, Allan Sutton - Saint-Cyr-sur-Loire, 2003, p. 182.
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|  Le Général VALENTIN par Emmanuelle Dancourt | de Sarajevo aux Banlieues, mes combats pour la paix Ouvrage préfacé par Mme Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre de la Défense
Séduite par la personnalité du général d'armée Marcel Valentin, à l'occasion de ses adieux aux armes en juillet 2005, Emmanuelle Dancourt, journaliste à FR3 et à KTO, où elle anime l'émission Visages Inattendus de Personnalités (VIP), a rédigé ce livre sur le général ou plutôt avec lui. Spécialiste des entretiens en direct, elle a en effet choisi de réaliser un livre qui publie les réponses aux questions qu'elle pose. Cette forme particulière et moderne donne un style plus vivant et plus personnel que celui d'un simple récit. Selon la coutume des entretiens oraux de la télévision, chaque chapitre est introduit par une mise dans l'ambiance et une explication de la situation générale. Dans l'esprit même de l'auteur, il ne s'agit pas d'un livre destiné à ceux qui connaissent bien le général Valentin, à ses anciens compagnons d'armes, mais il est écrit pour le grand public, pour faire découvrir un officier d'aujourd'hui. Il est trop tôt pour le qualifier d'homme d'exception, mais il a eu, à n'en pas douter, une carrière hors du commun des officiers de sa génération.
C'est d'abord la personnalité du général Valentin qui est présentée. Né dans une famille traditionnelle d'officiers (il porte le prénom de son oncle mort pour la France le 18 juin 1940, et Emmanuelle Dancourt souligne combien cette référence le marque), il est élevé par un père rigoureux et perfectionniste et une mère accueillante et ouverte. Il reconnaît avoir appris de son éducation des règles de vie, des principes même. C'est ainsi que les termes engagement, sens du devoir, sens du service sont en filigrane de toutes les réponses de ce premier chapitre et peuvent servir de fil conducteur au lecteur jusqu'à l'épilogue. Plus que la tradition familiale, la guerre d'Algérie est certainement, comme pour beaucoup d'officiers de sa génération, un facteur important dans le choix de la carrière des armes. C'est ainsi qu'il entre à Saint-Cyr en 1965 au sein de la promotion Lieutenant Colonel Driant, dont on connaît la rude et stricte formation mais que l'auteur n'a malheureusement pas abordé. Pour conclure cette partie sur la personnalité franche et directe, et avec un brin de l'humour à plusieurs degrés dont il est coutumier, citons la définition du général Valentin de l'honneur : " C'est un code de conduite qui permet de se raser le matin en se regardant dans la glace sans se couper ".
La deuxième partie du livre concerne les engagements du général en ex-Yougoslavie, d'abord à Sarajevo puis à Kuomanovo en Macédoine, enfin à Pristina au Kosovo. Il ne m'appartient pas de raconter ici la manière dont Marcel Valentin a vécu ces événements lourds et difficiles à gérer, ni surtout de porter un jugement sur ses actions ses décisions ou ses impressions. Chacun pourra lui-même apprécier. Cependant, Emmanuelle Dancourt l'amène à développer ses avis sur le rôle des politiques et des conditions désastreuses d'engagements des soldats dans le cadre de la Forpronu à Sarajevo et dans toute la Bosnie. Plusieurs années après, il fut le premier Français à commander une force de l'Otan, la force d'extraction en Macédoine. Devenir otanien et multinational n'est pas un comportement facile pour un officier français même avec une bonne dose de French touch. Cette expérience lui servira par la suite pour être le premier Français à commander la KFor à Pristina, le sort apportant ainsi un juste retour à celui qui n'avait pas pu entrer au Kosovo en juin 1999. C'est dans ces commandements multinationaux que la carrière du général Valentin est réellement exceptionnelle, car la vie professionnelle des officiers de sa génération, celle là même qu'il a vécue, était orientée vers le rideau de fer. Ayant été personnellement associé aux actions du Gouverneur militaire de Paris (GMP), alors que j'étais pendant deux ans chargé auprès de lui des opérations, je ne peux donner aucun jugement sur les actions parisiennes du général Valentin. La seule chose que je puis affirmer, c'est qu'à la lecture de cette troisième partie, je retrouve la vérité, non seulement dans les faits mais dans l'appréciation que le GMP porte sur son rôle. Le livre révèle avec exactitude la personnalité, les convictions et les engagements du Gouverneur de Paris. Ceux-ci furent nombreux et divers allant de la modification de Vigipirate en véritable opération responsabilisant l'encadrement, soutenant l'Armée de terre en Île-de-France, dans l'Outre-mer et à l'étranger, et surtout en organisant dans les sites sensibles ou très visibles la présentation des armées. La grande réussite des opérations " les Parisiens puis les Franciliens accueillent leurs soldats " menée en dépit des avis contraires voire à l'encontre d'oppositions tenaces, illustre bien que là où il y a une volonté, il y a un chemin selon l'expression du général. Après cette cérémonie d'adieux qui a tant marqué Emmanuelle Dancourt, le général Valentin a trouvé un nouvel engagement en assurant la présidence du conseil d'administration de l'Établissement public d'insertion de la défense, chargé de " Défense deuxième chance ". Il a retrouvé là sous une autre forme les banlieues, son dernier théâtre d'opération le 14 juillet 2005. La dernière partie du livre concerne des réflexions sur le commandement, qui n'apparaissent pas comme des règles pour réussir mais essentiellement un avis pertinent sur des choses aussi simples que la guerre et aussi difficiles que le commandement des hommes. Là encore c'est au lecteur d'apprécier ces idées et ces réflexions. On peut également souligner le style très direct qui donne à cette partie une réalité bien vivante. Deux textes encadrent le corps de ce livre et méritent d'être revus en fin de lecture. C'est d'abord la préface du ministre, Mme Alliot-Marie. Le texte reprend en fait son discours aux adieux du général où elle soulignait avec éloquence les grands traits de la carrière et de la personnalité de l'officier. Le deuxième texte, présenté comme épilogue, est celui qui a été écrit le jour de son départ de l'armée " Je ne regrette rien ".
En conclusion ce livre destiné au grand public, à ceux qui n'ont pas d'idées toute faites ou préconçues, présente un officier engagé, croyant et fidèle qui incontestablement a marqué son temps. Pour ceux qui ont servi avec le général Valentin, il n'est ni un manuel de service en campagne ni un livre d'éthique ; il est le portrait vivant de l'homme et de l'officier, et la véritable chronique de ce qu'ils ont vécu et ressenti près de lui. Emmanuelle Dancourt a su, de manière simple, mettre en forme des conversations des souvenirs et des convictions dans un livre qui porte témoignage d'un officier dont la personnalité forte et attachante méritait d'être présentée. Editions CLD - 2006 (264 pages) |
|  Le Colonel DRIANT de Daniel DAVID | a paru aux Editions Gérard KLOPP. Rédigé par un vieil ami de la Promo, le Lt-colonel (OR) Daniel DAVID, c'est un splendide ouvrage de 256 pages, de grand format (24,5 x 34 cm), relié pleine toile, magnifiquement illustré (une centaine d'illustrations) et constituant une véritable somme sur la personnalité de notre parrain, dont la vie et l'oeuvre militaire, politique et littéraire sont particulièrement bien replacées dans le contexte de son époque. Un livre à détenir absolument par tout membre de la Promotion....d'autant plus que la préface en a été rédigée par le Président-Secrétaire....!
Les commandes sont à adresser à: **Editions KLOPP 79 rue de Longwy 57100 THIONVILLE accompagné d'un chèque de 69 euros (port et emballage compris)
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|  LA MARQUE DU COURAGE (ouvrage collectif publié sous la direction du Service historique de la Défense | Préface de M. Jacques CHIRAC, Président de la République
Ce livre a été écrit en ce quatre-vingt-dixième anniversaire de la création de la Croix de guerre, en hommage aux combattants d'hier et d'aujourd'hui qui ont accompli en temps de guerre, des actes héroïques, en particulier à ceux qui ont laissé leur vie pour la France.;;;; Il est ainsi dédié à tous les décorés d'une Croix de guerre ou d'une Croix de la Valeur militaire. (Général de division Jacques BRACHET, président de l'Association Nationale des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire).
Le Chapitre I, consacrée à "La genèse de la Croix de guerre" a été rédigée par le Général Henry-Jean FOURNIER, président de la promotion "Lieutenant-Colonel DRIANT". Il y explique notamment le rôle primordial de celui-ci, qui fut le rapporteur du projet devant la Chambre des députés. Car, dit-il, "si Driant n'est pas réellement l'inventeur du concept d'une médaille destinée à récompenser la valeur militaire sur le champ de bataille, il est bien, ainsi qu'en témoigne le manuscrit de son rapport devant la Chambre des Députés, l'inventeur du nom de Croix de Guerre, qui donna naissance aux croix de guerre suivantes (TOE et Guerre 39-45). Editions LBM - Paris - 2005 |
|  Un livre de Marc ALAUX, le fils de Michel (2/1) | Né en 1976, Marc Alaux a grandi dans les quartiers populaires du nord-est de Paris et déménagé au gré des mutations de son père officier de gendarmerie. Accompagner ses parents dans leurs séjours à travers le Bassin méditerranéen fait éclore très jeune chez lui un intérêt marqué pour l'histoire, dont la découverte devient aussi, outre un plaisir instructif, la fuite d'une réalité urbaine décourageante. Dès 16 ans, mettre à profit toutes ses vacances pour s'initier au monde du travail et participer à l'étude du passé sur une quinzaine de chantiers de fouilles se mue en obsession. Il passe ses étés à mettre au jour, dessiner puis photographier des vestiges, accomplir des relevés topographiques, assister des géologues et des géomètres. Durant l'année scolaire, il consacre ses soirées et week-ends à l'apprentissage d'un art martial japonais, le nin-jutsu auquel il s'initie durant sept ans et dont il obtient une ceinture noire. Après un baccalauréat littéraire, il s'oriente vers des études d'archéologie. À ce titre, il effectue son service militaire dans l'équipe de fouilles du Service historique de l'armée de terre, au château de Vincennes. Il a l'occasion d'être responsable de sondages, chef d'équipe, coauteur d'un rapport de fouilles. Ayant décidé d'interrompre sa maîtrise sur les enceintes urbaines de l'Antiquité tardive en Gaule romaine, il occupe ensuite divers emplois pour rassembler les fonds nécessaires au voyage à travers la Mongolie qu'il projette. D'avril à octobre 2001, en compagnie de Laurent Barroo, son ami d'enfance, il parcourt à pied les principaux écosystèmes du plateau mongol : une traversée d'est en ouest qui lui fait découvrir sur 2 300 kilomètres la langue et les mœurs de l'ethnie majoritaire khalkha. De février à avril 2003, il chemine seul sur le versant occidental du massif du Khentii, de la frontière bouriate à Oulan-Bator, où il séjourne aussi. Au cours de bivouacs par -30 °C dans la steppe mais aussi lors d'escapades dans les banlieues de yourtes de la capitale, il se familiarise avec le rude hiver mongol. D'avril à octobre 2004, à nouveau en compagnie de Laurent Barroo, il arpente sur 2 300 kilomètres les confins montagneux du nord-ouest du pays, à travers l'Altaï, le Khan-Khöökhi et les Sayan. Cette nouvelle marche de six mois les instruit sur la mosaïque ethnique complexe de la frontière sino-russe. En 2006, avec son amie Stéphanie Neu, Marc Alaux s'accorde trois mois pour marcher depuis Oulan-Bator jusqu'au lieu de naissance de Gengis Khan à travers la steppe et la taïga de la région sacrée des Trois Rivières, dans les monts du Khentii. Il séjourne longuement dans des villages et dans plusieurs campements d'éleveurs nomades amis pour participer notamment aux migrations saisonnières. Entre chacun de ses voyages au " pays du Ciel bleu ", Marc Alaux, salarié de Transboréal, assiste dès qu'il le peut aux symposiums d'anthropologie et aux autres événements en rapport avec la Mongolie. Pas un mois ne passe sans que la bibliothèque de ce Montrougien ne s'enrichisse d'articles nouveaux, de rapports, d'actes de colloques ou de récits… Ce membre du conseil d'administration de l'association Anda, dont l'objectif est d'informer sur la culture mongole, consacre tout son temps libre à l'étude de la Mongolie ainsi qu'à l'écriture du récit de ses séjours sur le plateau mongol. |
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|  | |  | | Le point de vue du journal LE POINT | D'emblée, les dates du titre étonnent : " Fusillés pour l'exemple, 1914-1915 ". D'instinct, on aurait plus volontiers évoqué l'année 1917 : l'année dite terrible, du Chemin des Dames et des prétendues mutineries, immortalisées par Joseph Losey dans un film justement intitulé " Pour l'exemple ". C'est dire tout l'intérêt de cette somme historique qui tord le cou à une erreur de perspective tenace. Erreur encore entérinée en 1998, lorsque Lionel Jospin, alors Premier ministre, honora " les mutins de 1917 ". Cette rectification capitale part d'un constat simple : sur un total de 600 soldats fusillés durant le conflit, 430 le furent au cours des seize premiers mois de la guerre. S'appuyant sur les minutes inédites des 140 000 jugements du conseil de guerre conservées au Service historique de l'armée de terre, qu'il dirigea à partir de 1997, le général Bach accomplit ce que tout historien rêve un jour de réaliser : récrire l'Histoire. Cette nouvelle mise en perspective s'opère à deux niveaux : décortiquant les lettres de poilus et de gradés, Bach restitue l'enfer de ces premiers mois et la mise en place d'une justice militaire d'exception. Mais l'analyse est ferme aussi et notre général historien expose les motifs d'une révolte si précoce et d'un blanc-seing immédiat accordé à l'armée par l'exécutif, juste avant la bataille de la Marne. Une plongée au cœur de la mêlée qui n'exclut donc ni le recul ni le recadrage. Résultat : un ouvrage majeur dans la réinterprétation d'une année 1914 qui marqua, à bien des égards, le début du déclin français. François-Guillaume LORRAIN
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 | |  | | Prix littéraires |  | Pour son remarquable ouvrage intitulé "L'Armée de Dreyfus", André BACH a reçu, le 21 novembre 2005, le prix Fréville, décerné par l'Académie des Sciences morales et politiques.
L'auteur a également été récompensé en recevant, le 1er décembre 2005, le prix Maréchal Foch, décerné par l'Académie Française et qui lui a été remis par Madame Hélène CARRERE d'ENCAUSSE, Secrétaire perpétuel de l'Académie.(photo) |
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 | |  | | Un livre sur Marcel VALENTIN | Emmanuelle Dancourt, 32 ans, journaliste, collabore à France 3 et à la chaîne KTO, où elle a interviewé notre "Pupuce" dans le cadre d'une émission de cette chaîne consacrée aux personnalités "originales" et importantes: V.I.P. Cette jeune journaliste de télévision, éloignée du monde militaire, n'a pas résisté au charme de Pupuce qui l'a étonné, au cours de l'émission, par son parcours professionnel de soldat et par ses convictions d'homme. Elle a également été étonnée par la reconnaissance de ses collaborateurs, voire de ses pairs . Elle a donc cherché à en savoir plus. (NDLR: Mais sans rencontrer le Secrétaire Promo et encore moins des membres de la Pripet, qui auraient pu l'édifier sur les jeunes années de notre héros....!) Un livre est né de son travail. Il invite à la rencontre d'un homme d'expérience et de convictions qui, de Sarajevo aux banlieues, a toujours su engager ses forces au service de la paix. (voir présentation de l'ouvrage en fin de page)
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 | |  | | La Croix de Guerre |  | | Reproduction du manuscrit du rapport présenté par Emile Driant devant la Chambre des Députés pour la création de la Croix de Guerre. |
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 | |  | | Sous les Yourtes de Mongolie |  | Le livre de Marc ALAUX (le fils de Michel de la 2/1) " Sous les yourtes de Mongolie. Avec les fils de la steppe " se trouve dans toutes les bonnes librairies ou peut être commandé aux éditions Transboréal. 23 rue Berthollet. 75 005 Paris. (22,50 euros) Marc ALAUX est en mesure de faire des conférences sur ses voyages ou tout simplement la Mongolie. Il convient alors de le consulter à son domicile 56 rue Maurice Arnoux 92 120 Montrouge ou par téléphone au 01 49 85 15 06.
voir présentation du livre ci-dessous
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