Des livres qui doivent figurer dans la bibliothèque des membres de la Promotion

Cette rubrique est destinée à présenter:

  • les livres ayant pour auteur un membre de la Promotion (ou un descendant)
  • les livres parlant d'un membre de la Promotion
  • les livres traitant de Driant (et de ses Chasseurs)

LES DIABLES DE FER de J-F. NICLOUX

Dans ce nouveau volume, le lecteur accompagne les "diables" du 29ème BCP entre septembre 1915 et novembre 1918, sur tous les champs de bataille, de la Champagne à Verdun, puis de la Somme à l'Aisne.
Avec le brio et la précision qui caractérisaient le premier tome, ce récit n'oublie rien: la vie quotidienne, les heures de gloire, les douleurs comme les peines de ces hommes dont le destin résume celui de tous les "poilus", sont tour à tour dépeintes à l'aide d'archives et de témoignages inédits.
Un livre d'histoire aux multiples rebondissements, qui se lit comme un roman. bel hommage de l'auteur à son père et à ses camarades du 29ème Bataillon.

LEUR SANG ET LEUR GLOIRE de J-F. NICLOUX

A l'occasion de la mobilisation d'août 1914, le 29ème Bataillon de Chasseurs à Pied, en garnison à Saint-Mihiel, fut l'une des premières unités envoyées à la frontière. Lors de cette période de "couverture" face à l'Allemagne et jusqu'à l'arrêt de l'invasion, il participa à tous les combats et les pertes furent lourdes.
Cet ouvrage nous propose une véritable immersion dans l'existence des chasseurs du 29ème. Jean-François NICLOUX dresse un tableau précis et vivant du quotidien de ces soldats lorrains, dans les deux premières années de la guerre.

AIMER L'ARMEE, une passion à partager

Henri BENTEGEAT nous propose un livre qui lui ressemble:

AIMER L'ARMEE, UNE PASSION A PARTAGER

Un livre d'une grande justesse sur le " ressenti militaire", écrit par l'un de ceux qui a eu le commandement suprême de l'armée française. C'est une étonnante réflexion qui montre le sens du choix des hommes et des femmes qui ont opté pour le métier des armes. En fait, notre petit co montre que l'Armée au quotidien, c'est beaucoup plus qu'aimer l'ordre et l'uniforme.  (Aux Editions DUMESNI)
Extrait :
Il serait excessif de prétendre que j'ai tout aimé de la vie militaire. Mais quand je pense à notre armée, la passion recouvre tout, efface les tourments et les peines, gomme les frustrations et les agacements et ne retient que l'essentiel.

Ce petit livre n'est pas le récit d'une histoire personnelle, même si l'auteur s'y engage souvent " avec son coeur et ses tripes ". C'est l'exposé, sans fards, de quelques-unes des raisons qui font le bonheur d'être militaire.

JUSTICE MILITAIRE d'André BACH

De Verdun à la Somme, au plus près du terrain, André BACH, après le succès de FUSILLES POUR L'EXEMPLE, fait revivre le drame des soldats condamnés au cours de la Grande Guerre.
Dès août 1914, le pouvoir politique a autorisé le commandement militaire français à mettre en place une justice d'exception afin de maintenir la discipline parmi les hommes soumis à une expérience de guerre d'une brutalité sans précédent.
Justice Militaire raconte le récit du véritable bras de fer qui s'est joué entre les autorités et le Parlement qui entendait mettre en place une justice plus équitable, plus respectueuse du droit.

FUSILLES POUR L'EXEMPLE (1914-1915) par le Général André BACH

"C'est à partir de ces mois-là qu'on a commencé à fusiller des troupiers pour leur remonter le moral, par escouades, et que le gendarme s'est mis à être cité à l'ordre du jour pour la manière dont il faisait sa petite guerre à lui, la profonde, la vraie de vraie."

La scène se passe quatre semaines après le début de la guerre et c'est Louis-Ferdinand Céline qui la raconte (Voyage au bout de la nuit, 1932).
A l'époque, personne n'ignore la vérité. Mais, depuis Bardamu, on a récrit l'histoire. Et s'il est aujourd'hui question de mutineries, d'exécutions massives et de fusillés pour l'exemple, l'action se passe toujours en 1917 sur fond de guerre lasse et de contamination révolutionnaire.
Ce livre revient sur la chronologie singulièrement distordue de ces sentiers de la gloire. A partir de sources neuves, il démontre comment une justice d'exception s'est enclenchée dès avant la Marne, dans les tout premiers mois de la guerre. Encouragé par l'exécutif, soutenu par le politique, ce blanc-seing donné à l'armée allait pulvériser le droit au nom d'une sanglante justice de l'honneur.

Couronnement d'une vie consacrée à la chose militaire, l'ouvrage du général André BACH va durablement marquer l'historiographie de la Grande Guerre. En détaillant un à un les dossiers de ces Poilus de la honte, en recoupant sources et données, l'ancien chef du Service historique de l'armée de terre décrit la guerre à l'état brut, dans sa violence nue. Un livre gênant mais nécessaire.

Editions TALLANDIER - Paris - 2003 (617 pages)

L'ARMEE DE DREYFUS par le Général André BACH

"Une histoire politique de l'armée française de Charles X à "l'Affaire"

L'Histoire a surtout retenu un sabre brisé, un exil sur les terres du diable, un écrivain épris de justice qui fit couler l'encre à l'époque où beaucoup auraient préféré le sang. L'affaire Dreyfus, un imbroglio militaro-judiciaire qui a déchaîné les passions et provoqué une profonde scission dans la société française.
Dreyfus coupable, Dreyfus innocent, tout a été dit et son contraire, analysé, discuté, décortiqué. Une piste, pourtant, n'avait pas encore été véritablement explorée dans ce dossier: l'armée. Cette armée de la République qui a accueilli Dreyfus, qui l'a formé, qui l'a accusé, qui l'a condamné, qui l'a enfin réhabilité.
Une histoire politique de l'armée française pour expliquer l'Affaire, voilà le caractère novateur de cet ouvrage qui opère un véritable renversement de perspective par rapport à ce drame national.

Le Général André BACH s'emploie à rechercher dans l'évolution socioculturelle de l'armée française, durant la seconde moitié du XIXème siècle, les éléments qui ont favorisé la réticence de ses membres à admettre l'innocence de Dreyfus en son temps, et peut-être encore pour certains d'entre eux, aujourd'hui. Il dresse un vaste bilan des pratiques et structures de l'armée française, brosse le portrait des officiers généraux qui ont fait le choix de sacrifier le capitaine Dreyfus. Il se penche également sur les conflits politiques et idéologiques qui ébranlaient alors la société, le profond traumatisme de la défaite de 1870, les luttes de pouvoir aux plus hauts niveaux de l'état-major, les liens trop étroits entre politiques et militaires et brosse ainsi une histoire de la IIIème République, assez différente de celle communément présentée jusqu'à aujourd'hui.

Ouvrage appelé à marquer l'historiographie de cette époque, L'Armée de Dreyfus s'appuie sur une multitude de sources -circulaires, Mémoires, correspondances, documents privés-, et sur le fameux "dossier secret" dont bon nombre de pièces n'avaient jusqu'ici jamais été portées à la connaissance du public.

Editions TALLANDIER - Paris - 2004 (622 pages)

Le Général VALENTIN par Emmanuelle Dancourt

de Sarajevo aux Banlieues, mes combats pour la paix
Ouvrage préfacé par Mme Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre de la Défense

Séduite par la personnalité du général d'armée Marcel Valentin, à l'occasion de ses adieux aux armes en juillet 2005, Emmanuelle Dancourt, journaliste à FR3 et à KTO, où elle anime l'émission Visages Inattendus de Personnalités (VIP), a rédigé ce livre sur le général ou plutôt avec lui. Spécialiste des entretiens en direct, elle a en effet choisi de réaliser un livre qui publie les réponses aux questions qu'elle pose. Cette forme particulière et moderne donne un style plus vivant et plus personnel que celui d'un simple récit. Selon la coutume des entretiens oraux de la télévision, chaque chapitre est introduit par une mise dans l'ambiance et une explication de la situation générale.
Dans l'esprit même de l'auteur, il ne s'agit pas d'un livre destiné à ceux qui connaissent bien le général Valentin, à ses anciens compagnons d'armes, mais il est écrit pour le grand public, pour faire découvrir un officier d'aujourd'hui. Il est trop tôt pour le qualifier d'homme d'exception, mais il a eu, à n'en pas douter, une carrière hors du commun des officiers de sa génération.

C'est d'abord la personnalité du général Valentin qui est présentée. Né dans une famille traditionnelle d'officiers (il porte le prénom de son oncle mort pour la France le 18 juin 1940, et Emmanuelle Dancourt souligne combien cette référence le marque), il est élevé par un père rigoureux et perfectionniste et une mère accueillante et ouverte. Il reconnaît avoir appris de son éducation des règles de vie, des principes même. C'est ainsi que les termes engagement, sens du devoir, sens du service sont en filigrane de toutes les réponses de ce premier chapitre et peuvent servir de fil conducteur au lecteur jusqu'à l'épilogue. Plus que la tradition familiale, la guerre d'Algérie est certainement, comme pour beaucoup d'officiers de sa génération, un facteur important dans le choix de la carrière des armes. C'est ainsi qu'il entre à Saint-Cyr en 1965 au sein de la promotion Lieutenant Colonel Driant, dont on connaît la rude et stricte formation mais que l'auteur n'a malheureusement pas abordé.
Pour conclure cette partie sur la personnalité franche et directe, et avec un brin de l'humour à plusieurs degrés dont il est coutumier, citons la définition du général Valentin de l'honneur : " C'est un code de conduite qui permet de se raser le matin en se regardant dans la glace sans se couper ".

La deuxième partie du livre concerne les engagements du général en ex-Yougoslavie, d'abord à Sarajevo puis à Kuomanovo en Macédoine, enfin à Pristina au Kosovo. Il ne m'appartient pas de raconter ici la manière dont Marcel Valentin a vécu ces événements lourds et difficiles à gérer, ni surtout de porter un jugement sur ses actions ses décisions ou ses impressions. Chacun pourra lui-même apprécier. Cependant, Emmanuelle Dancourt l'amène à développer ses avis sur le rôle des politiques et des conditions désastreuses d'engagements des soldats dans le cadre de la Forpronu à Sarajevo et dans toute la Bosnie.
Plusieurs années après, il fut le premier Français à commander une force de l'Otan, la force d'extraction en Macédoine. Devenir otanien et multinational n'est pas un comportement facile pour un officier français même avec une bonne dose de French touch.
Cette expérience lui servira par la suite pour être le premier Français à commander la KFor à Pristina, le sort apportant ainsi un juste retour à celui qui n'avait pas pu entrer au Kosovo en juin 1999. C'est dans ces commandements multinationaux que la carrière du général Valentin est réellement exceptionnelle, car la vie professionnelle des officiers de sa génération, celle là même qu'il a vécue, était orientée vers le rideau de fer. Ayant été personnellement associé aux actions du Gouverneur militaire de Paris (GMP), alors que j'étais pendant deux ans chargé auprès de lui des opérations, je ne peux donner aucun jugement sur les actions parisiennes du général Valentin. La seule chose que je puis affirmer, c'est qu'à la lecture de cette troisième partie, je retrouve la vérité, non seulement dans les faits mais dans l'appréciation que le GMP porte sur son rôle. Le livre révèle avec exactitude la personnalité, les convictions et les engagements du Gouverneur de Paris. Ceux-ci furent nombreux et divers allant de la modification de Vigipirate en véritable opération responsabilisant l'encadrement, soutenant l'Armée de terre en Île-de-France, dans l'Outre-mer et à l'étranger, et surtout en organisant dans les sites sensibles ou très visibles la présentation des armées. La grande réussite des opérations " les Parisiens puis les Franciliens accueillent leurs soldats " menée en dépit des avis contraires voire à l'encontre d'oppositions tenaces, illustre bien que là où il y a une volonté, il y a un chemin selon l'expression du général.
Après cette cérémonie d'adieux qui a tant marqué Emmanuelle Dancourt, le général Valentin a trouvé un nouvel engagement en assurant la présidence du conseil d'administration de l'Établissement public d'insertion de la défense, chargé de " Défense deuxième chance ". Il a retrouvé là sous une autre forme les banlieues, son dernier théâtre d'opération le 14 juillet 2005.
La dernière partie du livre concerne des réflexions sur le commandement, qui n'apparaissent pas comme des règles pour réussir mais essentiellement un avis pertinent sur des choses aussi simples que la guerre et aussi difficiles que le commandement des hommes. Là encore c'est au lecteur d'apprécier ces idées et ces réflexions. On peut également souligner le style très direct qui donne à cette partie une réalité bien vivante.
Deux textes encadrent le corps de ce livre et méritent d'être revus en fin de lecture. C'est d'abord la préface du ministre, Mme Alliot-Marie. Le texte reprend en fait son discours aux adieux du général où elle soulignait avec éloquence les grands traits de la carrière et de la personnalité de l'officier. Le deuxième texte, présenté comme épilogue, est celui qui a été écrit le jour de son départ de l'armée " Je ne regrette rien ".

En conclusion ce livre destiné au grand public, à ceux qui n'ont pas d'idées toute faites ou préconçues, présente un officier engagé, croyant et fidèle qui incontestablement a marqué son temps. Pour ceux qui ont servi avec le général Valentin, il n'est ni un manuel de service en campagne ni un livre d'éthique ; il est le portrait vivant de l'homme et de l'officier, et la véritable chronique de ce qu'ils ont vécu et ressenti près de lui. Emmanuelle Dancourt a su, de manière simple, mettre en forme des conversations des souvenirs et des convictions dans un livre qui porte témoignage d'un officier dont la personnalité forte et attachante méritait d'être présentée.
Editions CLD - 2006 (264 pages)

Le Colonel DRIANT de Daniel DAVID

est paru aux Editions Gérard KLOPP.
Rédigé par un vieil ami de la Promo, le Lt-colonel (OR) Daniel DAVID, c'est un splendide ouvrage de 256 pages, de grand format (24,5 x 34 cm), relié pleine toile, magnifiquement illustré (une centaine d'illustrations) et constituant une véritable somme sur la personnalité de notre parrain, dont la vie et l'oeuvre militaire, politique et littéraire sont particulièrement bien replacées dans le contexte de son époque.
Un livre à détenir absolument par tout membre de la Promotion....d'autant plus que la préface en a été rédigée par le Président-Secrétaire....!

Les commandes (prix 30 euros + port)  sont à adresser à:
Editions KLOPP
79 rue de Longwy 57100 THIONVILLE


LA MARQUE DU COURAGE  (ouvrage collectif publié sous la direction du Service historique de la Défense

Préface de M. Jacques CHIRAC, Président de la République

Ce livre a été écrit en ce quatre-vingt-dixième anniversaire de la création de la Croix de guerre, en hommage aux combattants d'hier et d'aujourd'hui qui ont accompli en temps de guerre, des actes héroïques, en particulier à ceux qui ont laissé leur vie pour la France.;;;;
Il est ainsi dédié à tous les décorés d'une Croix de guerre ou d'une Croix de la Valeur militaire.
(Général de division Jacques BRACHET, président de l'Association Nationale des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire).

Le Chapitre I, consacrée à
"La genèse de la Croix de guerre" a été rédigé par le Général Henry-Jean FOURNIER, président de la promotion "Lieutenant-Colonel DRIANT". Il y explique notamment le rôle primordial de celui-ci, qui fut le rapporteur du projet devant la Chambre des députés. Car, dit-il, "si Driant n'est pas réellement l'inventeur du concept d'une médaille destinée à récompenser la valeur militaire sur le champ de bataille, il est bien, ainsi qu'en témoigne le manuscrit de son rapport devant la Chambre des Députés, l'inventeur du nom de Croix de Guerre, qui donna naissance aux croix de guerre suivantes (TOE et Guerre 39-45).
Editions LBM - Paris - 2005 

Fanion Bleu Jonquille de Paul SIMON

Ce carnet de campagne d'un Chasseur de Driant, le lieutenant Paul SIMON, est la réédition d'un ouvrage écrit en 1930, à la mémoire de son chef, le lieutenant-colonel DRIANT et de ses compagnons d'armes des 56ème et 59ème Bataillon de Chasseurs à Pied, disparus dans la fournaise du combat des Bois des Caures.

Ma dernière relève au Bois des Caures de Marc STEPHANE

Le nom de Marc Stéphane évoque surtout Ceux du trimard, un chef-d'œuvre qui, avant le Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, a donné au langage parlé, au langage du peuple, un statut littéraire. Ce roman, qui flirta avec le prix Goncourt en 1929, révélait une personnalité hors du commun. Anarchiste par tempérament plus que par idéologie, farouchement indépendant, définitivement rebelle à tout ordre établi, écrivain à l'humeur vagabonde, à la plume féconde et haute en couleurs, Marc Stéphane était aussi l'homme des coups de tête et des coups de cœur. Pacifiste et antimilitariste, il s'engage pourtant en 1914 (à 44 ans) et pas pour faire de la figuration : c'est aux premières loges, dans les tranchées devant Verdun parmi les chasseurs du légendaire colonel Driant, que l'on retrouve, en février 1916, celui qui se proclamait un désillusionné doublé d'un ennemi du peuple et des lois "  l'un des rares miraculés de la terrible attaque allemande, celui que ses jeunes frères d'armes surnommaient affectueusement "grand-père "  sera fait prisonnier, et c'est en captivité qu'il écrira Ma dernière relève au bois des Caures. Le résultat : un Marc Stéphane très en verve, débordant d'invention pour souligner d'un rouge ironique et vengeur la bêtise de " l'ubureaucratie " et du commandement en chef, mais toujours attentif au détail humain, du plus drôle au plus émouvant et au plus tragique. C'est avec une belle sobriété que Marc Stéphane évoque par contre la figure du colonel Driant, auquel il reconnaît autant d'humanité, de franchise et de courage que de naïveté, et les pages où il décrit le quotidien des " tranchériens "  offrent une vision de la guerre bien différente de celle que propageaient alors les officines de "  bourrage de crâne "  Pour toutes ces raisons, ce livre jamais réédité depuis 1929 reste l'une des chroniques les plus justes et libres d'un des épisodes phares de la Grande Guerre. Ma dernière relève au bois des Caures sera une vraie révélation pour les passionnés d'histoire et de littérature, et une occasion pour tous de découvrir une œuvre libre et forte, d'une verdeur splendide, qui n'a pas fini de nous tenir en haleine. 

Les Grands Jours de Pierre MARI

Pierre MARI, essayiste, romancier, décrit, au présent de l'indicatif, les semaines et les jours qui précèdent l'attaque allemande au matin du 21 février 1916, puis le déluge de feu qui fracasse la terre, déchire les corps, les arbres, tout. Son style est sec, maigre comme un os, altier. Il n'est pas mû par l'indignation ni frémissant d'épouvante. Toute forme de lyrisme n'est-elle pas dérisoire lorsqu'il s'agit de dépeindre un événement qui ressemble à une interminable fin du monde ?
En quarante-huit heures, 10 000 tonnes d'acier tombent sur ce carré de choux qu'est le Bois des Caures ; des 800 hommes du 56ème bataillon, il n'en restera que 30. Peu de dialogues dans ce texte : certains désastres laissent sans voix, la pensée en suspens.

De ce tableau de guerre, en noir et blanc comme les films d'archives, se détachent des personnages qui ont de l'étoffe. Au premier chef, le colonel Driant. Avant de rendre son alliance et ses effets personnels à son ordonnance pour aller rejoindre ses hommes en première ligne, il écrit à sa femme : "  Notre bois aura ses premières tranchées prises dès les premières minutes, car ils y emploieront flammes et gaz. Mes pauvres bataillons si épargnés jusqu'ici ! Comme on se sent peu de choses, à ces heures-là ! "

C'est un livre sur l'impuissance face à l'imminence d'une catastrophe. L'incurie des élites, qui a enlevé l'artillerie, contraint les fantassins à l'inaction. Ils n'ont aucune marge de manœuvre, pas même le temps de sortir de la tranchée pour se battre, ne peuvent qu'attendre d'être écrasés ou asphyxiés. Il leur reste une responsabilité, cependant : celle de rester des hommes dans le désastre. Les Grands jours, c'est une sorte de jugement dernier. La fin est là : il n'y a plus à discourir ; il n'y a qu'à bien se tenir.

Le point de vue du journal LE POINT

D'emblée, les dates du titre étonnent : " Fusillés pour l'exemple, 1914-1915 ". D'instinct, on aurait plus volontiers évoqué l'année 1917 : l'année dite terrible, du Chemin des Dames et des prétendues mutineries, immortalisées par Joseph Losey dans un film justement intitulé " Pour l'exemple ". C'est dire tout l'intérêt de cette somme historique qui tord le cou à une erreur de perspective tenace. Erreur encore entérinée en 1998, lorsque Lionel Jospin, alors Premier ministre, honora " les mutins de 1917 ". Cette rectification capitale part d'un constat simple : sur un total de 600 soldats fusillés durant le conflit, 430 le furent au cours des seize premiers mois de la guerre.
S'appuyant sur les minutes inédites des 140 000 jugements du conseil de guerre conservées au Service historique de l'armée de terre, qu'il dirigea à partir de 1997, le général Bach accomplit ce que tout historien rêve un jour de réaliser : récrire l'Histoire.
Cette nouvelle mise en perspective s'opère à deux niveaux : décortiquant les lettres de poilus et de gradés, Bach restitue l'enfer de ces premiers mois et la mise en place d'une justice militaire d'exception. Mais l'analyse est ferme aussi et notre général historien expose les motifs d'une révolte si précoce et d'un blanc-seing immédiat accordé à l'armée par l'exécutif, juste avant la bataille de la Marne.
Une plongée au cœur de la mêlée qui n'exclut donc ni le recul ni le recadrage.
Résultat : un ouvrage majeur dans la réinterprétation d'une année 1914 qui marqua, à bien des égards, le début du déclin français.
François-Guillaume LORRAIN

Prix littéraires

Pour son remarquable ouvrage intitulé "L'Armée de Dreyfus", André BACH a reçu, le 21 novembre 2005, le prix Fréville, décerné par l'Académie des Sciences morales et politiques.

L'auteur a également été récompensé en recevant, le 1er décembre 2005, le prix Maréchal Foch, décerné par l'Académie Française et qui lui a été remis par Madame Hélène CARRERE d'ENCAUSSE, Secrétaire perpétuel de l'Académie.(photo)

Un livre sur Marcel VALENTIN

Emmanuelle Dancourt, 32 ans, journaliste, collabore à France 3 et à la chaîne KTO, où elle a interviewé notre "Pupuce" dans le cadre d'une émission de cette chaîne consacrée aux personnalités "originales" et importantes: V.I.P.
Cette jeune journaliste de télévision, éloignée du monde militaire, n'a pas résisté au charme de Pupuce qui l'a étonné, au cours de l'émission, par son parcours professionnel de soldat et par ses convictions d'homme.
Elle a également été étonnée par la reconnaissance de ses collaborateurs, voire de ses pairs . Elle a donc cherché à en savoir plus. (NDLR: Mais sans rencontrer le Secrétaire Promo et encore moins des membres de la Pripet, qui auraient pu l'édifier sur les jeunes années de notre héros....!)
Un livre est né de son travail. Il invite à la rencontre d'un homme d'expérience et de convictions qui, de Sarajevo aux banlieues, a toujours su engager ses forces au service de la paix.
(voir présentation de l'ouvrage en fin de page)

La Croix de Guerre

Reproduction du manuscrit du rapport présenté par Emile Driant devant la Chambre des Députés pour la création de la Croix de Guerre.